Alger - Revue de Presse

Somalie



Pays déchiré par la guerre civile La Somalie, pays de la Corne de l?Afrique, a été longtemps secouée par une guerre interne. La guerre civile a bloqué complètement le développement économique du pays. La situation dans cette partie de l?Afrique ne cesse d?évoluer et, dans la plupart des cas, vers le pire, en dépit des incantations d?espoir de paix entre les pays en guerre. Mais à l?horizon pointent, en fait, des troubles encore plus graves : plus de guerres et de soulèvements, progression du sida, de la malaria et de la famine et désintégration croissante. La guerre entre l?Ethiopie et l?Erythrée, avec ses milliers de victimes, a compliqué la situation dans cette région sensible du monde. Même l?Algérie est intervenue pour tenter d?apaiser la situation. Un accord de paix a été signé à Alger par les médiateurs - le président Bouteflika et l?OUA - laissant le conflit frontalier aux mains de la Cour internationale de La Haye. Rappelons que la Somalie fut occupée par l?Italie, le Royaume-Uni et la France. Siad Barré, qui a géré le pays entre 1969 et 1991, a été qualifié de dictateur. Il a fallu l?intervention militaire, le 3 octobre 1993, des Etats-Unis pour écarter Siad Barré. Depuis, la Somalie n?a pas eu de gouvernement central. Toutefois, le changement sur le plan politique n?intervient dans ce pays que le 10 octobre 2004 lorsque les parlementaires somaliens se sont réunis à Nairobi (Kenya) et ont alors élu à la présidence Abdullah-Yusuf Ahmed, ancien militaire, âgé de 70 ans. Le 3 novembre de la même année, depuis Nairobi, le nouveau Président a nommé Ali-Mohamed Gedi Premier ministre avec pour mission de former un gouvernement de coalition avec les différents chefs de guerre du pays. Les institutions somaliennes siègent au Kenya par mesure de sécurité au vu de la situation intérieure de la Somalie. Cependant, les institutions en exil n?ont aucun contrôle sur le pays en dehors de certains quartiers de la capitale Mogadiscio. Leur autorité n?est pas reconnue à l?intérieur du pays, mais uniquement par les gouvernements étrangers. Notons que la Somalie est limitée par Djibouti avec 80 km de frontière commune. Ce fait est important puisque la guerre en Somalie s?est aussi compliquée du fait que Djibouti, où la France maintient une garnison armée de la Légion étrangère, a été entraîné dans le bourbier de la Corne de l?Afrique. En outre, en Somalie, il n?y a pas de véritable politique économique. L?économie somalienne repose principalement sur l?élevage et l?agriculture, qui représentaient en l?an 2000 40% du PNB et 65% des revenus liés à l?exportation (les deux premiers produits destinés à l?exportation sont le bétail et la banane). Cette économie est donc dépendante de la conjoncture, comme l?ont montré la chute des exportations après l?embargo saoudien sur les importations de bétail (septembre 2001) et la montée de l?inflation à la suite de la sécheresse de 2001-2002. Les autres secteurs de l?économie sont quasiment inexistants : peu d?exploitation des ressources minérales, destruction des secteurs manufacturier et financier pendant la guerre, pas de tourisme et le secteur informel est, en revanche, important. La plupart des revenus proviennent des transferts d?argent de la diaspora somalienne et de la collecte des impôts et taxes à l?importation. La situation économique s?est aggravée depuis fin 2001 (sécheresse et inflation), alors que les sanctions imposées par les Etats-Unis contre la banque Barakat, pour ses liens supposés avec Al Qaîda, ont ralenti les flux financiers en provenance de la diaspora. Ainsi, la Somalie n?a pas d?accord en cours avec les institutions financières internationales. Sur un autre chapitre - médias et téléphonie -, il est à noter que le seul fournisseur somalien d?accès à internet ainsi que l?une des principales compagnies téléphoniques ont dû cesser toutes leurs activités parce que les deux entreprises sont suspectées par les Etats-Unis d?être liées à Al Qaîda. Les deux compagnies, Internet Company et Al Barakaat, figurent sur une liste américaine de mouvements et d?entreprises soupçonnés de financer l?organisation d?Oussama Ben Laden. Ces cessations d?activité forcées ont eu des répercussions négatives sur la population et l?activité économique. Quant aux journalistes somaliens, ils ne travaillent pas en toute liberté ni en toute sécurité dans leur pays. Les menaces persistent et les autorités des différentes régions se montrent réticentes à accorder plus de liberté d?expression à leurs citoyens.
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