Société Générale s'est employée, jeudi, à rassurer les communautés d'affaires française et internationale. Profitant du rituel de présentation des résultats annuels, le groupe bancaire français a adressé des signaux de sérénité et de bonne santé. Tout au long de la matinée, les dirigeants de la banque au logo rouge et noir se sont pressés à la Tour Valmy, l'imposant siège qui culmine à plusieurs centaines de mètres du quartier d'affaires de la Défense (Paris). Le staff s'est efforcé de vendre l'image d'une institution désormais sortie de la zone de turbulences. L'exercice a eu lieu en deux temps. Le PDG Daniel Brouton s'y est essayé, le premier, devant les médias français et étrangers. En fin de matinée, le numéro deux, Philippe Citerne, et le directeur de la banque pour l'international, Jean-Louis Mattei, ont réédité l'exercice pour les seuls médias du Maghreb, de Russie et d'Europe orientale et centrale. Société Générale «reste bénéficiaire» malgré la crise de l'immobilier américain et les effets de l'»affaire Jérôme Kerviel» du nom de l'un de ses traders. Cette affaire de fraude a causé à la banque une perte de 4,9 milliards d'euros à laquelle s'ajoute une facture estimée à 2,6 milliards pour cause de crise des «subprimes». En dépit de ces épisodes, la banque a clôturé l'exercice 2007 avec un bénéfice net de 947 millions d'euros en 2007. Dans son exercice à l'allure de communication de crise, le staff de la banque a veillé à envoyer des signes de bonne santé en direction de l'ensemble de ses réseaux internationaux. Assurant avoir tourné définitivement les pages «Kerviel» et «subprimes», la Société Générale a promis que rien ne saurait remettre en cause sa politique en direction de la Russie, de l'Europe centrale et orientale et du bassin méditerranéen. Fortement implantée dans ces trois régions, la banque déploie sa bannière rouge et noir, entre autres en Algérie, au Maroc, en Tunisie et en Egypte. «Il s'agit, souligne Philippe Citerne, de trois régions à fort potentiel de croissance pour la Société Générale. Notre stratégie de développement s'affirme et les résultats sont de qualité». La santé de la maison-mère n'étant «nullement» en cause, la Société Générale maintient le cap sur sa politique à l'international et s'en tient à l'ensemble de ses engagements. Entre autres projets plus que jamais d'actualité, le rachat du Crédit Populaire d'Algérie (CPA). Selon Jean-Louis Mattei, le patron de la banque à l'international, les retombées de la crise immobilière américaine ne pèsent en rien sur les activités du groupe à l'international. En novembre 2007, le gouvernement algérien avait annoncé, contre toute attente, la suspension du processus de privatisation de la première banque publique. La décision, intervenue quelques jours avant la remise des dossiers techniques par les candidats, avait été motivée par la crise immobilière américaine. Officiellement, le gouvernement souhaitait confirmer si cet épisode a laissé des traces sur les comptes des banques candidates. Interrogé par Le Quotidien d'Oran si l'effet «subprimes» risquait - s'agissant du CPA - de changer la donne pour la Société Générale, Jean-Louis Mattei a remis la balle dans le camp algérien. Le dossier allant de report en report, le groupe français avoue être dans l'expectative. «Nous n'avons aucune idée du calendrier de privatisation», répond le «Monsieur international» de la banque. La semaine dernière, le ministre des Finances, Karim Djoudi, a laissé entrevoir une relance du processus au courant du premier semestre 2008. Outre la Société Générale, trois autres banques françaises (BNP Paribas, le Crédit Agricole, Natexis Banques Populaires) et la City Bank américaine sont en course. L'espagnole Santander s'est retirée de la compétition. A l'image des représentants des autres banques en compétition pour le rachat du CPA, Jean-Louis Mattei a été peu prolixe sur la candidature de la Société Générale. Pour toutes réponses, il a fait valoir un CPA fort d'un «réseau d'agences significatif» et la «qualité de son portefeuille client». Avec une clientèle potentielle estimée à quelque 500.000 particuliers, le CPA présente le profil d'une «banque de détail», celui-là même qui fait la singularité de la Société Générale. De plus, «hasard des choses», la banque publique algérienne s'appuie sur un outil informatique similaire à celui de la Société Générale.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : L'un de Nos Correspondants à Paris: S Raouf
Source : www.lequotidien-oran.com