Alger - Revue de Presse

Onze petits nègres dans un pays fermé à clé



Prenez onze Algériens, mettez-les dans une île déserte quivend du pétrole et glorifie deux palmiers et trois tombes, imposez-leur d'êtreplus arabes que l'arabité, multipliez les mosquées en fermant les usines etrépétez-leur qu'ils sont le meilleur des peuples puisque les autres peuplesn'existent pas. Que se passera-t-il ? Trois d'entre eux demanderont au onzièmede ne jamais mourir et d'être président même après son décès. Sur les sept restants,un va mourir en tentant de traverser la mer à la nage avec deux olives et unportable, deux monteront au maquis pour croire mieux se rapprocher de Dieu, undeviendra pédophile et kidnappera des enfants. Les deux restants vont s'ennuyerà mourir mais ne pourront jamais crever pour s'en débarrasser. Au fil des ans, l'îleva devenir de plus en plus étroite sans jamais changer de diamètre, se déboiserjusqu'à l'harassement et se transformer en une sorte de goulag spongieuxabsorbant les sons, les crédits, multipliant les rats et empêchant le bonheurpar défaut d'espaces ou de l'amusement par extinction de toutes les autresespèces. L'île, nous y sommes tous: onze personnes dans une île déserte, sansautres loisirs que la grimace, incapables de se reproduire par conservatisme etblocage des moeurs mais incapables de se marier après trente ans par défaut delogement ou d'emploi, se réclamant de la pureté asexuée non négociable maissouffrant de l'accès difficile aux femmes, débiliséspar une chaîne TV qui rediffuse les mêmes images du onzième algérien en chef etdes deux palmiers de la souveraineté, ne peuvent à la fin que devenir violents,s'assassiner indéfiniment, se tuer, kidnapper, se suicider, faire exploser desbouteilles de gaz, conduire comme des fous, haïr l'étranger et incendier toutce qui est bien commun et édifices publics pour agrandir leur périmètre ets'offrir des spectacles assouvissants. Onze personnesqui ne peuvent pas sortir le soir parce qu'ils ont peur les uns des autres, quise mentent sur leurs misères et convictions, qui mangent mal, qui ne saventrien faire, qui ne peuvent pas rire et qui n'ont pas où aller sauf au même endroit triste, finissent toujours dans la perversité, soliloquersur la menace de l'Occident qui veut leur voler leur religion, s'intoxiqueravec de la viande d'âne et demander, en secret, à Dieu pourquoi il les a crééspuisqu'ils ne servent à rien et à leur chef de les nourrir et de les occuperpuisqu'ils sont là, comme lui, depuis 1962 et avant. Onze Algériens bloquésdans un univers insulaire, vide et ennuyant, ne peuvent espérer la vie que parTPS, Internet, les ablutions, la revente en l'état de marchandises importées oule discours sur l'utopie et le mauvais caractère de leur voisin et sa piétédouteuse. Comme dans le célèbre roman d'Agatha Christie, les onze petits nègresvont s'assassiner l'un après l'autre pour finir dans l'énigme du onzième quisera assassiné lui aussi, mystérieusement, par un couteau planté dans le dosalors qu'il est le dernier et l'unique survivant. Par qui ? Par la logique. Commeil se doit dans un bon polar. Il y a des peuples qui peuvent s'éteindre parlogique, faute de destin ou de joies.
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