Alger - Revue de Presse

Slimane Aït Yala, P-dg de Bya Electronic’s à la VO



«Faisons confiance à l’entreprise algérienne!» C’est avec une amabilité que le patron de Bys Electronic’s, Slimane Aït Yala, nous a accordé cet entretien dans lequel, en «chef d’entreprise nationaliste», il revient sur les déceptions des participants algériens à la dernière Foire d’Alger et, entre autres, sur les questions relatives à l’export du produit national et l’accord d’association avec l’Union Européenne… - Votre dernière sortie médiatique lors de la précédente édition de la Foire Internationale d’Alger s’est apparentée à un «coup de gueule». Que s’est-il passé? - Franchement, j’ai été déçu que les plus hautes autorités du pays n’aient pas visité, deux années consécutives, le pavillon national à la Foire internationale d’Alger. Nous n’avions pas de doléances particulières à émettre mais nous aurions aimé que le privé national algérien ait eu plus de considération de la part des pouvoirs publics. Nos gouvernants ne gardent, hélas, du privé national, que l’image du «trabendiste» (spéculateur). Et pourtant, la richesse en Algérie ne peut être que nationale. Il ne faut pas oublier, non plus, que durant la décennie noire, seuls les opérateurs nationaux sont restés. Les autres étaient partis. Créé en 1993, Bya Electronic’s a toujours fait confiance en son pays, dans son histoire, et jamais elle n’a eu, depuis sa création, de contentieux avec les douanes. Nous venons de subir un contrôle fiscal sur quatre années. Notre comptabilité est en règle. Chez nous, tout est transparent. Nous jouons le jeu, celui de la légalité. Nous voulons gagner honnêtement de l’argent. Bya Electronic’s est une entreprise citoyenne et je me considère, moi-même, comme un militant de la cause nationale. - De grands chantiers ont été lancés en Algérie. Qu’en pensez-vous? - Le programme national en cours nous incite vraiment à l’optimisme. Nous saluons, aujourd’hui, les efforts consentis par les responsables algériens pour développer le pays. La réalisation de gros ouvrages, notamment dans les infrastructures de base, des outils forts pour le développement, va créer une dynamique nationale avec des retombées extrêmement positives pour le pays entier. Et je suis heureux de savoir, par exemple, que l’Algérie d’aujourd’hui a pensé à réaliser 1.200 kilomètres d’autoroutes. - Vous vous êtes mis, depuis peu, à l’exportation. Estimez-vous que l’accord d’association avec l’Union Européenne est un facteur de compétitivité à l’export? Avez-vous réussi, pour votre part, à décrocher de nouveaux marchés? - Non, laissez-moi, d’abord, vous dire que nous avons arrêté l’exportation car cela nous pénalisait. Le rapatriement de l’argent dure en moyenne quatre mois. En outre, la réglementation prévoit un versement de 50% en devises, alors que notre compte bancaire n’est crédité que d’une somme en dinars. Pour toutes ces raisons (et pour d’autres aussi) nous avons suspendu l’exportation. Quant à l’accord d’association avec l’Union Européenne, pour lequel nous ne sommes pas encore concernés, nous estimons que celui-ci a été trop précipité. Aujourd’hui, la réalité des chiffres démontre que ce sont surtout les entreprises européennes qui en profitent. - Quel est, selon vous, la contrainte principale que rencontrent les exportateurs algériens? - Actuellement, il y a une crise de consommation monstre. De même qu’il y a un problème d’épargne. Ceci est incontestable. Et pourtant, il n’existe pas de données statistiques fiables pour l’affirmer. Vous savez, l’économie, ce n’est pas de la poésie: c’est une science exacte basée sur des paramètres vécus. Le système d’information actuel est trop opaque. Avec cette absence de visibilité économique, les entrepreneurs et les investisseurs ne peuvent jamais prendre des décisions «en connaissance de cause». Regardez aujourd’hui le problème des surcapacités dans les minoteries. Où est l’orientation économique? On n’arrive toujours pas à se projeter en Algérie à moyen terme. On subit, de plein fouet, les affres du marché informel. On pilote, pour ainsi dire, à vue. Cette absence de visibilité est, en outre, exacerbée, à chaque fois, par les modifications incessantes des lois des finances. Pour tout dire, on a besoin davantage de stabilité, de traçabilité,… Si les économies taiwanaise et sud-coréenne ont réussis la prouesse de réaliser un taux de croissance de 10%, tout au long d’une décennie, c’est parce qu’elles ont fait confiance dans les capacités de leurs entreprises et de leurs managers. Et si Einstein disait que «l’artisanat sauvera le monde», moi je dis que l’entreprise sauvera l’Algérie! Faisons-lui confiance! Mohamed-Chérif Lachichi
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)