Le Quai d’Orsay ne fait pas de commentaire«Nous avons pris note des propos du ministre italien, il ne nous revient pas de les commenter.» C’est ce qu’a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay lors d’un point de presse tenu au ministère français des Affaires étrangères au sujet du partenariat entre les deux grands fournisseurs de l’Union européenne en gaz, l’Algérie et la Russie. Il répondait à la question de savoir si «la France partage l’inquiétude de l’Italie», notamment après que le ministre de l’Industrie italien, Pierluigi Bersani, a écrit à la Commission européenne «pour exprimer son inquiétude sur un projet d’accord entre Gazprom et Sonatrach, la compagnie algérienne d’Etat qui s’occupe du gaz». Il ajoutera en revanche que la question de l’énergie reste bien entendu «une question essentielle» pour la France. Aux représentants de la presse de son pays qui s’intéressaient tellement à l’accord signé entre les «deux géants du gaz, le Russe Gazprom et l’Algérien Sonatrach», le responsable français a eu ces mots: «Vous savez que la France a déposé un mémorandum sur ce sujet il y a plusieurs mois maintenant... C’est une question qui est régulièrement à l’ordre du jour des débats européens et, en particulier, dans les contacts que nous avons avec la Russie.» Et apparemment pour rassurer les intervenants dans le marché de l’énergie dans son pays, le porte-parole adjoint du Quai d’Orsay a indiqué que la France a «des sources d’approvisionnement diversifiées» qui font que la France a «aussi bien des contacts avec la Russie qu’avec l’Algérie». Et d’ajouter que c’est dans ce contexte justement que son pays apprécie «le contenu et les conséquences de ce protocole d’accord». Par ailleurs et à la question de savoir si «la France a fait des démarches», le même responsable a répliqué: «A ma connaissance, pas à ce stade... comme je viens de l’indiquer, nous examinerons les modalités de cet accord et les conséquences qu’elles pourraient comporter pour nous. Mais nous n’avons pas fait de démarche à ce stade.»
Ainsi, comme l’avait mentionné la presse européenne notamment italienne et française, le partenariat entre les deux grands fournisseurs de l’Union européenne fait craindre un «Opep du gaz». Ayant «le sentiment» qu’elle est et sera la plus vulnérable suite à l’accord entre Gazprom et Sonatrach, l’Italie est en état de choc depuis sa signature, vendredi. C’est le Premier ministre italien, Romano Prodi, qui a ouvert le bal en redoutant la création d’un cartel et a demandé à Bruxelles d’intervenir. Un porte-parole de la Commission européenne a indiqué samedi que les commissaires vont «étudier toutes les implications possibles de l’accord». Il faut signaler que la Russie et notre pays sont les deux grands fournisseurs de gaz des pays de l’Union européenne. Gazprom, avec 125 milliards de mètres cubes, et Sonatrach, avec 61 milliards, satisfont en effet 36% des besoins de l’Union. Faire jouer la concurrence dans un tel cas semble difficile, d’autant que le partenariat conclu par Sonatrach avec le géant russe du pétrole, Loukoil, n’arrange en rien les affaires européennes. A moyen terme, le gaz devrait y transiter dès 2009 et les Français Total et Gaz de France y ont déjà acquis une quote-part. Un autre grand projet, Medgaz (reliant l’Algérie à l’Espagne), prévu aussi pour 2009, a attisé toutes les convoitises. Le «pire» selon l’Europe est que d’ores et déjà Gazprom, Sonatrach et Loukoil financeront ensemble les projets d’exploration et de production de gaz et de pétrole en Algérie et ailleurs dans le monde. Sonatrach devrait par ailleurs céder à Gazprom une participation dans le gazoduc Galsi en cours de construction entre l’Algérie et l’Italie via la Sardaigne et dont l’entreprise algérienne détient 36%. Par conséquent pour Rome, le protocole annoncé vendredi équivaut à créer une «Opep du gaz» capable d’imposer ses prix et ses quantités au marché. Dans les faits, cela était déjà le cas, mais «l’institutionnalisation d’un système n’est jamais une bonne chose», ont commenté les spécialistes européens en énergie.
Idir D.
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com