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Sihem Benniche va représenter l'Algérie à la coupe du monde de Slam



Sihem Benniche va représenter l'Algérie à la coupe du monde de Slam
Pour cette bougiote pur sucre - elle est née à Tichy et a grandi à Tala Merkha -, écrire est un acte spontané, naturel, comme celui de respirer, boire ou manger. Le slam ' Un art urbain proche de la rue. Il n'y a pas de différence, que l'on slame ou que l'on déclame.»Cette jolie brune élancée va représenter l'Algérie à la Coupe du monde du slam qui aura lieu à Paris, la capitale française, ce mois-ci. Le slam, pour ceux à qui cet anglicisme branché ne dit rien, n'est pas une nouvelle discipline sportive liée aux arts martiaux, ni une danse où l'on joue à se contorsionner à qui mieux mieux. C'est un concours de déclamation de textes poétiques.Euh? plaît-il ' Parfaitement. Il n'y a pas que les championnats du monde où l'on joue à transpercer des défenses et à marquer des buts. Il y a donc un concours mondial où l'on se réunit pour déclamer de la poésie dans toutes les langues que Dieu, dans son infinie sagesse, a pris soin de créer. Et c'est à la pétillante Sihem Benniche qu'échoit le redoutable honneur de représenter l'Algérie à ces joutes mondiales.Il faut dire que le slam, Sihem ça l'habite depuis sa plus tendre enfance. Elle est tombée toute jeune dans la marmite de la littérature et n'a jamais eu l'envie ni la volonté d'en sortir. Si bien qu'elle est aujourd'hui étudiante en littérature française, inscrite en Master II des sciences des textes littéraires.Le sujet de sa thèse ' La littérature de l'absurde à travers Habib Ayoub et son Le Remonteur d'Horloge. La vie est tellement absurde qu'heureusement il y a la poésie et la littérature pour nous faire passer sa pilule amère.Comment est née cette vocation de jouer avec les mots et les maux et d'en jouir ' Sihem s'en rappelle bien. En cinquième année primaire, elle était une élève assidue, mais à qui il arrivait parfois d'être prise en défaut. Un jour qu'elle avait oublié de faire son devoir, le maître de classe, réputé pour être très exigeant envers ses chères têtes brunes, lui demande d'écrire un poème sur son prénom pour se faire pardonner. Des punitions comme ça, on en voudrait plus souvent, n'est-ce pas ' Aussitôt dit, aussitôt fait et plutôt bien fait.C'est ainsi que la petite Sihem se rendit compte qu'elle pouvait très bien faire des poèmes, un art que, jusque-là, elle croyait réservé aux grands. «J'ai écris en arabe un poème tout drôle, tout mignon sur mon prénom», dit-elle avec le sourire en rejetant d'une main une mèche rebelle. Une vocation était née. Pour cette bougiote pur sucre ? elle est née à Tichy et a grandi à Tala Merkha ?, écrire est un acte spontané, naturel, comme celui de respirer, boire ou manger. Le slam ' «Un art urbain proche de la rue. Il n'y a pas de différence que l'on slame ou que l'on déclame. Il y a de la rime, mais surtout du rythme», dit Sihem.Sa référence ' Le slameur français Grand Corps Malade qu'elle admire et prend comme modèle. Ce n'est pas tout : comme toute étudiante en littérature française qui se respecte, Sihem a d'autres références plus classiques, comme le grand poète Louis Aragon. «Aragon, c'est profond, c'est pas juste descriptif. Je suis attirée par le côté existentialiste». «Je slame depuis que j'écris», dit-elle encore, car vous l'avez peut-être déjà compris, le slam est affaire d'écriture, de poésie et de littérature.«Je n'écris pas pour moi, je n'écris pas par envie d'écrire. Le mot ne me guérit de rien. Au contraire, il montre du doigt mes maux? mais j'écris quand même. J'écris en attendant de comprendre pourquoi j'écris, car pour écrire je n'ai pas besoin d'en connaître la raison», dit-elle, un brin philosophe.Sihem, Sam pour les intimes, est également l'une des animatrices du fameux Café Littéraire de Béjaïa qui fait défiler sur la scène du théâtre bougiote écrivains, polémistes, artistes, et essayistes devant un public qui n'en demande pas mieux.En attendant le jour J et ce rendez-vous à Paris, ville de poètes et de lumières, elle stresse. «Je stresse, j'ai un mémoire à déposer», dit-elle en mâchouillant nerveusement la paille plongée dans son coca-cola sur une terrasse de café sur la fameuse Place Gueydon. Pour oublier son stress et surtout pour nous faire plaisir, elle se met à déclamer un de ses beaux poèmes. C'est beau comme ce soleil couchant qui inonde de lumière le superbe golfe de Bougie. De la ville des bougies à celle des lumières, Sihem va sûrement briller. C'est tout le mal qu'on lui souhaite.


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