
Encore une fois le cinéma algérien est en deuil. Il vient de perdre l'un de ses meilleurs piliers.On le savait malade depuis quelques mois déjà mais ses proches croyaient à une guérison possible. Benamar Bakhti luttait depuis quelque temps déjà contre des problèmes cardiaques et de reins. Les six derniers mois de sa vie ont été ponctués d'hospitalisations fréquentes entre hôpitaux et cliniques privées. Son c?ur a lâché sans qu'il ait pu réaliser certains de ses nombreux projets. Le regretté auteur des deux longs métrages cultes L'Epopée de Cheikh Bouamama (1983) et At-Taxi El Mekhfi (Le Clandestin, 1991) incarnait la sagesse et la modestie même. C'était quelqu'un de méticuleux et de perfectionniste à la fois dans son travail.Le réalisateur Dahmane Ouzid estime que le défunt était un artiste d'envergure doublé d'un homme modeste et bien ancré au sein de sa société. «Il nous quitte, dit-il, en n'ayant pas pu réaliser le beau projet qui lui tenait tant à c?ur, une grande fresque sur l'Emir Abdelkader écrite par Boualem Bessaieh avec lequel il nous avait offert le très grand film Bouamama.Les responsables en charge du cinéma ont décidé qu'il n'y avait pas de réalisateur algérien capable de relever ce défi et ont fait appel à un Américain à qui tous les moyens furent donnés avant de stopper une coûteuse préparation qui relevait plus de l'arnaque que d'autre chose.L'histoire retiendra que Bakhti aurait pu nous donner encore une fois une démonstration de son talent injustement méprisé. Il en a été très chagriné et sa mort, après celle récente de nos collègues Amar Laskri et Rabie Benmokhtar, nous indique combien le stress et les désillusions ont contribué à la diminution de l'espérance de vie dans la profession.» Pour la productrice Nadjet Taibouni, Benamara Bakhti était doté d'un tempérament calme. «C'était, se souvient-elle, un grand militant du cinéma algérien. Il a toujours travaillé en Algérie, même s'il a bénéficié d'une formation à l'étranger.C'est grâce à Bakhti qu'on a découvert le comédien Athmane Aliouat dans le film Cheikh Bouamama.» Nadjet Taibouni a été son assistante pour le film Les Vacances de l'inspecteur Tahar. Elle considère qu'elle a beaucoup appris avec le défunt.Elle a acquis une belle expérience. «Il a toujours mis en avant-plan ses comédiens. La dernière fois que je l'ai vu, en janvier dernier, à l'hôpital, il m'a dit qu'il allait guérir et comptait bien faire des miracles. Il voulait reprendre tous les comiques pour en faire un film. Il disait que c'était la meilleure thérapie pour guérir», argue-t-elle.Il est à noter que le défunt sera inhumé cet après-midi au cimetière El Alia à Alger.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Nacima Chabani
Source : www.elwatan.com