La réputation surfaite d’un corps d’armée coloniale
5ème partie
Les désertions durant la guerre d’Algérie
Apres la 1ère guerre mondiale et la révolution bolchevique, des milliers de réfugiés blancs de Russie se réfugièrent dans les pays européens. D’ex- officiers et sous-officiers, pour la plupart hussards de l’armée tsariste, rejoignirent les rangs de la Légion. Le commandement de la Légion saisit cette aubaine pour former le 1er Régiment Etranger de Cavalerie qu’il installe à Saida en 1921.Ce régiment tiendra toutefois ses quartiers à Sousse, en Tunisie. En 1945, L’Allemagne est en ruine, les soldats perdus du grand Reich peuplèrent les camps de prisonniers. La Légion étrangère y recruta sans peine. Ex- SS, anciens de la Wehrmacht ou orphelins déguisés en soldats dans des uniformes trop grands pour eux, ils eurent tous le sentiment de ne plus avoir d’avenir et la volonté de quitter leur pays vaincu. Enrôlés par leur ennemi d’hier, ils vinrent grossir les rangs de cette Légion, depuis toujours bienveillante à qui voulait se battre avec elle. Cependant, devant l’afflux considérable de ces recrues, le commandement limita, en 1946, le quota maximal de légionnaires allemands à un quart de l’effectif total de l’unité. Ce furent ces légionnaires que la France enverra en Indochine combattre les révolutionnaires vietnamiens. La guerre d’Indochine fut des plus dures pour l’armée française. Elle y subit de d’historiques défaites. Des deux côtés, la propagande fut une arme très utilisée. Le principal enjeu de la propagande fut la neutralisation de l’adversaire. Et donc d’encourager les désertions. L’armée d’Hô Chi Minh comptait dans ses rangs des communistes allemands réfugiés au Vietnam pour fuir le nazisme. Ils furent chargés d’entretenir une propagande efficace en direction des légionnaires en enregistrant des slogans à l’intention des légionnaires germanophones, c’est-à-dire la majorité des légionnaires.
Certains, tel le légionnaire Hans Joachim Schriever, embrigadé dans le camp français, furent sensibles à ces messages: «On a réalisé que le Viêt-nam avait raison de se battre pour son pays». 1.400 légionnaires allemands désertèrent les rangs de la légion et rejoignirent les rangs des révolutionnaires viéts.
La leçon servira à la guerre d’Algérie qui commença dès la fin de la guerre d’Indochine et reprit les techniques de guerre des vietnamiens. De nombreux Algériens qui avaient été mobilisés par l’armée française en Indochine avaient été, en fait, à une bonne école. Tout au début de la guerre, Adjoul Adjoul, l’adjoint de Ben Boulaid, dans les Aurès, avait réussi à faire déserter 20 légionnaires, sensibles aux tracts rédigés en espagnol et en allemand. Pedro, un ancien de l’armée républicaine espagnole avait préféré combattre aux cotés des maquisards algériens. Karl l’allemand, ancien de la Wehrmacht gardait toujours de la haine pour la France, l’ennemi héréditaire. Karl, devenu Ali l’Algérien et lieutenant de l’ALN mourut en 1959 près de la frontière tunisienne après avoir résisté quatre jours durant aux assauts des militaires français. «Il n’avait plus de munitions, il se fit sauter avec une grenade» Alleg p.340.
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Hani Abdelkader
A suivre...
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com