Alger - Revue de Presse

Sidi Bel-Abbès et les désertions de légionnaires durant la guerre d’Algérie



La réputation surfaite d’un corps d’armée coloniale 4ème partie Les désertions durant les guerres d’Algérie La discipline que voulaient imposer les officiers français à ces soldats -mercenaires, souvent sans foi ni loi, le mépris qu’ils affichaient à leur égard, eut pour effet, dès le début de la constitution de la Légion, de l’exposer à un fort taux de désertion. Dès les premières années de l’occupation de l’Algérie, déjà, la propagande jouait à fond. Les légionnaires qui, fuyant les conditions de vie inhumaines dans lesquelles les tenaient leurs officiers français «passaient aux Arabes», incitaient leurs camarades à les rejoindre en leur écrivant qu’ils auront, comme eux, un cheval, de l’argent et des femmes (Rovigo, 3 mai 1832) et leur appel ne restait pas sans écho. Le phénomène prit une plus grande ampleur avec l’Emir Abdelkader. L’émir s’était très tôt forgé une réputation méritée d’humanité et de magnanimité et cela ne laissait pas insensibles les légionnaires souvent aux prises avec un régime disciplinaire des plus durs. Beaucoup de légionnaires désertaient par haine de leurs chefs français. On cite l’exemple de ce Moncel qui déserta par haine de son adjudant et qui attira son ancien escadron dans une embuscade. Son escadron fut décimé et le légionnaire put assouvir sa vengeance en gravant de son sabre sur la poitrine du cadavre de son adjudant une sanglante épitaphe. On cite aussi l’exemple de 30 légionnaires espagnols qui désertèrent après avoir tenté d’assassiner tous leurs officiers français. Et bien d’autres exemples. Le 23 mai 1842, trente soldats français, commandés par un officier, furent attirés dans une embuscade aux environs de Maison Carrée et massacrés impitoyablement. Parmi les soldats de l’Emir auteurs de cette victoire se trouvaient dix déserteurs de la légion étrangère qui se distinguèrent par une singulière cruauté. (L. VEUILLOT, Les Français en Algérie, Souvenirs d’un voyage fait en 1841; in-8°, Tours, 1845, p. 175). La plupart des déserteurs de la Légion s’enrôlaient dans les troupes de l’Emir, en priorité dans l’artillerie. Un Munichois du nom de Gestringer, qui rejoignit les rangs de l’Emir tenta de retourner dans son corps d’origine. Il le regretta amèrement car le général Desmichels le lui rendit pieds et poings liés. Condamné à mort par un tribunal de l’Emir, il fut gracié par ce dernier. Il devint depuis l’un de ses plus fidèles serviteurs. Il fit partie de toutes les batailles menées par l’Emir, travailla à la naissance de l’industrie de l’armement, prit femme et adopta les meurs du pays. Au Consul français Daumas qui lui proposait de retourner dans le camps français, il répliqua qu’»il ne pouvait plus avoir aucune confiance dans les Français». Daumas, consul français auprès de l’Emir à Mascara, fait part d’un grand nombre de déserteurs qu’il rencontra à Mascara et qu’il tenta d’encourager à retourner dans les rangs français, mais il ne semble pas avoir toujours réussi. Il aura réussi, de temps à autres, à leur arracher quelques renseignements qu’il s’empressait de transmettre à ses supérieurs français.   Hani Abdelkader A suivre...
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