Le 1er novembre 1954, date du déclenchement de la guerre de Libération nationale, qui avait sonné le glas du mythe de "l'Algérie française", demeure une date à forte charge symbolique pour les Algériens, parce qu'elle marque le déclenchement de la lutte armée, mais aussi du colonialisme français, touché dans ce qu'il considérait comme une partie intégrante de la France, pour de nombreux peuples épris de liberté et enfin pour la valeur d'exemple que cette date symbolisera désormais, pour la planète entière, puisque l'Algérie, après le recouvrement de son indépendance, allait carrément devenir la « Mecque des révolutionnaire ».
Le 1er novembre 1954, date du déclenchement de la guerre de Libération nationale, qui avait sonné le glas du mythe de "l'Algérie française", demeure une date à forte charge symbolique pour les Algériens, parce qu'elle marque le déclenchement de la lutte armée, mais aussi du colonialisme français, touché dans ce qu'il considérait comme une partie intégrante de la France, pour de nombreux peuples épris de liberté et enfin pour la valeur d'exemple que cette date symbolisera désormais, pour la planète entière, puisque l'Algérie, après le recouvrement de son indépendance, allait carrément devenir la « Mecque des révolutionnaire ».
La Déclaration du 1er novembre 1954 est, en quelque sorte, le premier document officiel annonçant la naissance du Front de libération nationale (FLN) et de la résurrection d'une nation jalouse de sa liberté. Cette déclaration montre, de façon explicite, la volonté des Algériens de briser le joug du colonialisme, par les armes, pour arracher leur liberté, une fois que toutes les autres voies pacifiques eurent fini par échouer. Le début de l'action armée remonte à 1947, date où le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) a décidé de créer l'Organisation spéciale paramilitaire (OS), sur une décision du congrès du parti.
Comment perçoivent aujourd'hui les jeunes Algériens le 1er Novembre 54 '
Les jeunes Algériens qui ont été nourris par une école qui se borne à leur raconter une histoire basée sur des théories manichéennes, peuplée de bons d'un côté et de mauvais de l'autre, un vrai conte de fées en somme '
Beaucoup d'entre eux ne savent presque rien des 22 historiques, et encore moins du PPA, du MTLD et de l'OS. Le nom de Messali Hadj ne veut rien dire pour eux non plus, alors qu'il a été réhabilité, grâce à Bouteflika, comme étant véritablement le père du nationalisme algérien, et son nom a fini par être donné à l'aéroport de Sétif, sa ville natale, après avoir été banni, des décades durant, des manuels scolaires et de tous les documents officiels et historiques.
Aujourd'hui, grâce à la démocratie, l'ouverture vers les médias planétaires, les débats de plus en plus francs, ainsi que les livres qui sont écrits par des acteurs de premier plan, on en apprend un peu plus sur notre histoire.
Mais, la jeunesse algérienne, ne croyant plus à grand-chose, donne l'air de se tourner de plus en plus vers d'autres considérations alors que notre glorieuse guerre de Libération nationale est l'un des principes fondateurs de la nation et de la République algérienne.
Nous avons parcouru les rues d'Alger, pour tenter de « sonder » l'esprit de cette jeunesse vis-à-vis du 1er Novembre. « Comme chaque année, nos fameux élites sortent de l'ombre pour nous parler de la lutte de Libération. Le peuple a toujours besoin qu'on lui rappelle que c'est grâce aux glorieux chouhada et moudjahidine que nous avons eu notre indépendance, tout ça pour nous détourner des problèmes quotidiens vécus par plus de 40 millions d'Algériens », déclare tout de go Islam jeune étudiant, avant d'enchaîner « Certes, je rend hommage aux chouhada qui nous ont offert l'indépendance, cependant je sens que je vis une autre forme de colonialisme ; celui des problèmes bien sûr d'ordres social, économique et notamment politique, mais je reste toutefois optimiste. »
Ibtissem, jeune médecin, nous déclare quant à elle : « Pour nous parler de l'Indépendance, nos élites ne savent rien de la réalité étouffante, des élites qui ne savent rien de cette Algérie profonde, si nos martyrs voyaient l'Algérie actuelle, ils se retourneraient dans leurs tombes. »
Amir, jeune commerçant de 28 ans, qui a déjà envisagé l'immigration clandestine, nous confie : « Ils veulent nous occuper avec leurs histoires de héros afin de nous faire oublier les vrais débats, nos vrais malaises. Ils ne veulent pas que les jeunes rêvent d'un lendemain meilleur... »
1er Novembre, juste un thème d'examen '
Nous avons également rencontré des jeunes sur sur la page NSK (Nass El-Khir) de facebook. Un groupe très jeune certes, mais qui a pu accomplir beaucoup de choses pour la société algérienne, et cela sur tous les plans. Nous avons interrogé l'un de ses membres, Hamid. Celui-ci nous narre son débat avec un Français sur le Net à propos du 1er Novembre : « Il m'a dit que son grand-père, pied noir, lui avait raconté comment il s'était retrouvé avec une seule valise en France, et avait tout laissé dernière lui, je lui ai répondu que la souffrance qu'à connu mon grand-père durant la colonisation et la Guerre d'Algérie était bien pire encore. Aucune comparaison n'est permise. Nos martyrs ont donné leur vie pour ce pays, ils méritent tous les louanges et notre reconnaissance et on se doit d'honorer leur mémoire, mais malheureusement le 1er Novembre 1954 est devenu juste un sujet de bac pour certains » ajoute-t-il. L'école, mais aussi les livres et les films qui contribuent à la réécriture de l'Histoire, gagneraient donc à se faire plus accessibles, plus percutants, afin d'intéresser les générations montantes, et leur faire prendre goût à leur Histoire.
En plein Alger-Centre, nous avons interpeller de jeunes « hittistes ». Habillés à la dernière mode, cheveux en crête ou caquettes de rappeur, jeans tombants, boucle d'oreille, etc. Enfin rien à voir avec nos considérations de l'heure, que pouvaient-ils savoir d'Ahmed Zabana, Didouche Mourad, ou encore d'Ali la pointe. Nous leur avons posé la question pour savoir s'ils auraient été capables de faire la guerre s'ils avaient vécu à l'époque de la colonisation '.
L'Algérien « demou dima har»
C'est avec rage que l'un deux nous répond : « Bien sûr, vous avez des doutes ' L'Algérie est notre pays et nous l'aimons et c'est avec notre sang que nous le défendrons, jusqu'au dernier souffle » ajoute-t-il. « C'est notre look qui vous a trompé ' Rassurez-vous, nous les Algériens demna har (notre sang est chaud. NDLR) ». Et de rappeler la grande mobilisation des jeunes lorsque l'Algérie a joué contre l'Egypte pour la qualification à la Coupe du monde enchaînant par une chanson qui a connu beaucoup de succès à cette période l'Algérie hiya bladi.
Pour finir, voici le testament laissé par le premier martyr algérien, un testament pouvant intéresser la jeunesse d'aujourd'hui, puisqu'Ahmed Zabana, parti à la fleur de l'âge, aurait pu lui aussi faire partie de cette génération en mal de repères et d'inspiration : « Mes chers parents, ma chère mère Je vous écris sans savoir si cette lettre sera la dernière et cela, Dieu seul le sait. Si je subis un malheur quel qu'il soit, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu, car la mort pour la cause de Dieu est une vie qui n'a pas de fin et la mort pour la patrie n'est qu'un devoir. Vous avez accompli votre devoir puisque vous avez sacrifié l'être le plus cher pour vous. Ne me pleurez pas et soyez fiers de moi. Enfin, recevez les salutations d'un fils et d'un frère qui vous a toujours aimé et que vous avez toujours aimé. Ce sont peut-être là les plus belles salutations que vous recevrez de ma part, à toi ma mère et à toi mon père ainsi qu'à Nora, El Houari, Halima, El Habib, Fatma, Kheira, Salah et Dinya et à toi mon cher frère Abdelkader ainsi qu'à tous ceux qui partageront votre peine. Allah est Le Plus-Grand et Il est Seul à être Equitable. Votre fils et frère qui vous aime de tout son c'ur ...H'mida. »
La Déclaration du 1er novembre 1954 est, en quelque sorte, le premier document officiel annonçant la naissance du Front de libération nationale (FLN) et de la résurrection d'une nation jalouse de sa liberté. Cette déclaration montre, de façon explicite, la volonté des Algériens de briser le joug du colonialisme, par les armes, pour arracher leur liberté, une fois que toutes les autres voies pacifiques eurent fini par échouer. Le début de l'action armée remonte à 1947, date où le Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) a décidé de créer l'Organisation spéciale paramilitaire (OS), sur une décision du congrès du parti.
Comment perçoivent aujourd'hui les jeunes Algériens le 1er Novembre 54 '
Les jeunes Algériens qui ont été nourris par une école qui se borne à leur raconter une histoire basée sur des théories manichéennes, peuplée de bons d'un côté et de mauvais de l'autre, un vrai conte de fées en somme '
Beaucoup d'entre eux ne savent presque rien des 22 historiques, et encore moins du PPA, du MTLD et de l'OS. Le nom de Messali Hadj ne veut rien dire pour eux non plus, alors qu'il a été réhabilité, grâce à Bouteflika, comme étant véritablement le père du nationalisme algérien, et son nom a fini par être donné à l'aéroport de Sétif, sa ville natale, après avoir été banni, des décades durant, des manuels scolaires et de tous les documents officiels et historiques.
Aujourd'hui, grâce à la démocratie, l'ouverture vers les médias planétaires, les débats de plus en plus francs, ainsi que les livres qui sont écrits par des acteurs de premier plan, on en apprend un peu plus sur notre histoire.
Mais, la jeunesse algérienne, ne croyant plus à grand-chose, donne l'air de se tourner de plus en plus vers d'autres considérations alors que notre glorieuse guerre de Libération nationale est l'un des principes fondateurs de la nation et de la République algérienne.
Nous avons parcouru les rues d'Alger, pour tenter de « sonder » l'esprit de cette jeunesse vis-à-vis du 1er Novembre. « Comme chaque année, nos fameux élites sortent de l'ombre pour nous parler de la lutte de Libération. Le peuple a toujours besoin qu'on lui rappelle que c'est grâce aux glorieux chouhada et moudjahidine que nous avons eu notre indépendance, tout ça pour nous détourner des problèmes quotidiens vécus par plus de 40 millions d'Algériens », déclare tout de go Islam jeune étudiant, avant d'enchaîner « Certes, je rend hommage aux chouhada qui nous ont offert l'indépendance, cependant je sens que je vis une autre forme de colonialisme ; celui des problèmes bien sûr d'ordres social, économique et notamment politique, mais je reste toutefois optimiste. »
Ibtissem, jeune médecin, nous déclare quant à elle : « Pour nous parler de l'Indépendance, nos élites ne savent rien de la réalité étouffante, des élites qui ne savent rien de cette Algérie profonde, si nos martyrs voyaient l'Algérie actuelle, ils se retourneraient dans leurs tombes. »
Amir, jeune commerçant de 28 ans, qui a déjà envisagé l'immigration clandestine, nous confie : « Ils veulent nous occuper avec leurs histoires de héros afin de nous faire oublier les vrais débats, nos vrais malaises. Ils ne veulent pas que les jeunes rêvent d'un lendemain meilleur... »
1er Novembre, juste un thème d'examen '
Nous avons également rencontré des jeunes sur sur la page NSK (Nass El-Khir) de facebook. Un groupe très jeune certes, mais qui a pu accomplir beaucoup de choses pour la société algérienne, et cela sur tous les plans. Nous avons interrogé l'un de ses membres, Hamid. Celui-ci nous narre son débat avec un Français sur le Net à propos du 1er Novembre : « Il m'a dit que son grand-père, pied noir, lui avait raconté comment il s'était retrouvé avec une seule valise en France, et avait tout laissé dernière lui, je lui ai répondu que la souffrance qu'à connu mon grand-père durant la colonisation et la Guerre d'Algérie était bien pire encore. Aucune comparaison n'est permise. Nos martyrs ont donné leur vie pour ce pays, ils méritent tous les louanges et notre reconnaissance et on se doit d'honorer leur mémoire, mais malheureusement le 1er Novembre 1954 est devenu juste un sujet de bac pour certains » ajoute-t-il. L'école, mais aussi les livres et les films qui contribuent à la réécriture de l'Histoire, gagneraient donc à se faire plus accessibles, plus percutants, afin d'intéresser les générations montantes, et leur faire prendre goût à leur Histoire.
En plein Alger-Centre, nous avons interpeller de jeunes « hittistes ». Habillés à la dernière mode, cheveux en crête ou caquettes de rappeur, jeans tombants, boucle d'oreille, etc. Enfin rien à voir avec nos considérations de l'heure, que pouvaient-ils savoir d'Ahmed Zabana, Didouche Mourad, ou encore d'Ali la pointe. Nous leur avons posé la question pour savoir s'ils auraient été capables de faire la guerre s'ils avaient vécu à l'époque de la colonisation '.
L'Algérien « demou dima har»
C'est avec rage que l'un deux nous répond : « Bien sûr, vous avez des doutes ' L'Algérie est notre pays et nous l'aimons et c'est avec notre sang que nous le défendrons, jusqu'au dernier souffle » ajoute-t-il. « C'est notre look qui vous a trompé ' Rassurez-vous, nous les Algériens demna har (notre sang est chaud. NDLR) ». Et de rappeler la grande mobilisation des jeunes lorsque l'Algérie a joué contre l'Egypte pour la qualification à la Coupe du monde enchaînant par une chanson qui a connu beaucoup de succès à cette période l'Algérie hiya bladi.
Pour finir, voici le testament laissé par le premier martyr algérien, un testament pouvant intéresser la jeunesse d'aujourd'hui, puisqu'Ahmed Zabana, parti à la fleur de l'âge, aurait pu lui aussi faire partie de cette génération en mal de repères et d'inspiration : « Mes chers parents, ma chère mère Je vous écris sans savoir si cette lettre sera la dernière et cela, Dieu seul le sait. Si je subis un malheur quel qu'il soit, ne désespérez pas de la miséricorde de Dieu, car la mort pour la cause de Dieu est une vie qui n'a pas de fin et la mort pour la patrie n'est qu'un devoir. Vous avez accompli votre devoir puisque vous avez sacrifié l'être le plus cher pour vous. Ne me pleurez pas et soyez fiers de moi. Enfin, recevez les salutations d'un fils et d'un frère qui vous a toujours aimé et que vous avez toujours aimé. Ce sont peut-être là les plus belles salutations que vous recevrez de ma part, à toi ma mère et à toi mon père ainsi qu'à Nora, El Houari, Halima, El Habib, Fatma, Kheira, Salah et Dinya et à toi mon cher frère Abdelkader ainsi qu'à tous ceux qui partageront votre peine. Allah est Le Plus-Grand et Il est Seul à être Equitable. Votre fils et frère qui vous aime de tout son c'ur ...H'mida. »
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Houda Bounab
Source : www.lemidi-dz.com