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Ils parlent de leur engagement Militants de la cause nationale



Ils parlent de leur engagement                                    Militants de la cause nationale
Rabah Bitat
Un des chefs historiques du 1er Novembre 1954
«Je suis né dans un milieu paysan qui au fil des années de la colonisation a vu fondre comme peau de chagrin la terre laissée par mes ancêtre. Très jeune je savais que ce pays était le nôtre et qu'il nous avait été usurpé par les Français. Tout dans notre vie quotidienne portait cette vérité. Le contact avec le monde du travail organisé par les Français pour les Français m'a fait prendre conscience de la nécessité de lutter contre cet Etat et de rendre à mon peuple ce qui lui appartenait. A dix-sept ans j'adhérai au PPA largement implanté dans les couches populaires J'avais une certitude, la seule voie que nous laissaient les forces coloniales pour recouvrer notre liberté notre dignité était l'action armée.»
Propos recueillis le 12 juillet 1988 à Alger par Patrick Evéno
Youcef Benkhedda président du GPRA
«Elève du collège colonial avec Saâd Dahleb et Mohamed-Lamine Debaghine on suivait l'évolution de la lutte nationaliste à travers un journal qui nous venait de Paris El Oumma, organe de l'Etoile nord-africaine précurseur du PPA. D'autres camarades allaient venir à la lutte, je citerai Abane Ramdane, Mhamed Yazid. Il y a ensuite l'appel à la mobilisation du général Giraud à la tête du Comité français de la libération nationale. Nous ne voulions pas nous sacrifier pour une cause qui nous était étrangère, nous avons donc refusé de répondre à l'appel.
Nous avons été arrêtés. C'est à partir de ce moment-là que l'idée de rassembler les musulmans s'est concrétisée dans les «Amis du manifeste et de la liberté» de Ferhat Abbas qui a regroupé les PPA, l'Association des ouléma et les anciens assimilationistes convertis au nationalisme. Je n'ai pas participé au déclenchement du 1er Novembre car l'opposition Messali-comité central avait fait surgir une troisième force le CRUA qui avait pris l'inititiative de l'insurrection générale mais nous étions pour en retarder la date de quelques mois pour parfaire l'organisation et élaborer une plate-forme d'union nationale.»
Abderrahmane Kiouane avocat
«Je suis né et j'ai vécu à La Casbah d'Alger à la rue Marengo. Mon père était commerçant. J'ai adhéré au PPA dans la clandestinité en 1943 comme de nombreux jeunes parce qu'ils luttaient pour l'indépendance. Au parti, j'avais en charge des lycéens au sein de l'Association des élèves musulmans des lycées et collèges d'Algérie. Les manifestations suivies de massacres d'Algériens du 8 mai 45 ont établi non seulement que le dialogue avec les Français était impossible mais que l'issue ne pouvait être autre que l'indépendance. Aux élections municipales de 1947, nos listes l'ont emporté dans la grande majorité des communes mais comme les Français détenaient les deux tiers des sièges tout était entre leurs mains. Nos élus, malgré l'injustice du système, ont affirmé la volonté de libérer le pays. Lors de l'installation des conseils municipaux les élus entonnaient la Marseillaise, nos élus répliquaient par l'hymne national Fida'oul Djazair. Les immenses sacrifices consentis par le peuple algérien, les injustices, les souffrances sans nom endurées du fait de la France ont forgé un peuple qui voulait se libérer pour être indépendant et forger son destin selon sa volonté et ses aspirations profondes.»
Interview réalisée le 16 juillet 1988 par Patrick Eveno
Rabah Bitat
Un des chefs historiques du 1er Novembre 1954
«Je suis né dans un milieu paysan qui au fil des années de la colonisation a vu fondre comme peau de chagrin la terre laissée par mes ancêtre. Très jeune je savais que ce pays était le nôtre et qu'il nous avait été usurpé par les Français. Tout dans notre vie quotidienne portait cette vérité. Le contact avec le monde du travail organisé par les Français pour les Français m'a fait prendre conscience de la nécessité de lutter contre cet Etat et de rendre à mon peuple ce qui lui appartenait. A dix-sept ans j'adhérai au PPA largement implanté dans les couches populaires J'avais une certitude, la seule voie que nous laissaient les forces coloniales pour recouvrer notre liberté notre dignité était l'action armée.»
Propos recueillis le 12 juillet 1988 à Alger par Patrick Evéno
Youcef Benkhedda président du GPRA
«Elève du collège colonial avec Saâd Dahleb et Mohamed-Lamine Debaghine on suivait l'évolution de la lutte nationaliste à travers un journal qui nous venait de Paris El Oumma, organe de l'Etoile nord-africaine précurseur du PPA. D'autres camarades allaient venir à la lutte, je citerai Abane Ramdane, Mhamed Yazid. Il y a ensuite l'appel à la mobilisation du général Giraud à la tête du Comité français de la libération nationale. Nous ne voulions pas nous sacrifier pour une cause qui nous était étrangère, nous avons donc refusé de répondre à l'appel.
Nous avons été arrêtés. C'est à partir de ce moment-là que l'idée de rassembler les musulmans s'est concrétisée dans les «Amis du manifeste et de la liberté» de Ferhat Abbas qui a regroupé les PPA, l'Association des ouléma et les anciens assimilationistes convertis au nationalisme. Je n'ai pas participé au déclenchement du 1er Novembre car l'opposition Messali-comité central avait fait surgir une troisième force le CRUA qui avait pris l'inititiative de l'insurrection générale mais nous étions pour en retarder la date de quelques mois pour parfaire l'organisation et élaborer une plate-forme d'union nationale.»
Abderrahmane Kiouane avocat
«Je suis né et j'ai vécu à La Casbah d'Alger à la rue Marengo. Mon père était commerçant. J'ai adhéré au PPA dans la clandestinité en 1943 comme de nombreux jeunes parce qu'ils luttaient pour l'indépendance. Au parti, j'avais en charge des lycéens au sein de l'Association des élèves musulmans des lycées et collèges d'Algérie. Les manifestations suivies de massacres d'Algériens du 8 mai 45 ont établi non seulement que le dialogue avec les Français était impossible mais que l'issue ne pouvait être autre que l'indépendance. Aux élections municipales de 1947, nos listes l'ont emporté dans la grande majorité des communes mais comme les Français détenaient les deux tiers des sièges tout était entre leurs mains. Nos élus, malgré l'injustice du système, ont affirmé la volonté de libérer le pays. Lors de l'installation des conseils municipaux les élus entonnaient la Marseillaise, nos élus répliquaient par l'hymne national Fida'oul Djazair. Les immenses sacrifices consentis par le peuple algérien, les injustices, les souffrances sans nom endurées du fait de la France ont forgé un peuple qui voulait se libérer pour être indépendant et forger son destin selon sa volonté et ses aspirations profondes.»
Interview réalisée le 16 juillet 1988 par Patrick Eveno
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