«L’autoroute Est-Ouest menace toujours le parc d’El-Kala»
Des personnalités issues du monde scientifique, accompagnées de l’ancien directeur du parc d’El-Kala, Rafik Baba Ahmed, ont tenu à «lancer un cri d’alarme» lors d’une conférence de presse tenue, hier, au siège de la Maison de la presse du 1er Mai, afin d’empêcher «la transgression du parc naturel d’El-Kala». Le parc en question, classé pourtant patrimoine naturel mondial et protégé par 15 lois sur l’environnement, fait l’objet depuis un mois de travaux de terrassement. Il a été classé sur la liste du patrimoine national et réserve de la biosphère par l’UNESCO en 1990. Aujourd’hui, cette réserve naturelle est menacée par le tracé de l’autoroute Est-Ouest. En effet, cette infrastructure routière, longue de 1.100 km, passe au milieu de ce décor naturel. Le tronçon prévu pour traverser le parc national d’El-Kala est de 15 kilomètres de long et 120 mètres de large. Depuis un mois, les travaux de défrichement et de terrassement ont été achevés, ce qui a fait réagir les défenseurs de ce parc. Au cours de cette rencontre avec la presse nationale, les conférenciers ont appelé à «une large mobilisation citoyenne» afin de sauver ce patrimoine des bulldozers qui peuvent à tout moment entrer en action. Selon eux, «l’espoir est encore permis de voir cette mobilisation susciter chez les autorités un réflexe salvateur qui épargnera ce parc d’un projet dévastateur pour la faune et la flore de cet écosystème unique en son genre en Algérie». Ils ajouteront que la situation actuelle «n’est pas irréversible et qu’il est temps de rectifier le tir» afin de sauvegarder ce parc qui abrite de nombreux lacs et un écosystème unique dans le bassin méditerranéen. Dans le cas contraire, ajoutent les conférenciers, «l’impact physique sera catastrophique» et l’on assistera à une «saignée sans précédent» dans ce milieu naturel. Le ministère des Travaux publics ainsi que celui de l’Environnement, tous deux responsables juridiques de ce parc naturel, seront, tour à tour, brocardés par les conférenciers qui n’arrivent pas à comprendre leur «silence» et la «volte-face» du ministre des Travaux publics. Ils en veulent, en premier lieu, à Amar Ghoul qui leur a donné «des assurances verbales» quant au «changement du tracé» de l’autoroute lors d’une réunion conjointe, tenue le 4 juillet dernier avec les animateurs de cette association de sauvegarde du parc d’El-Kala. Et enfin au ministre de l’Environnement, Chérif Rahmani, qui, «malgré les nombreux courriers, e-mails et fax n’a pas daigné répondre» à leurs doléances. Enfin, et concernant l’étude d’impact réalisée pour le compte du ministère des Travaux publics, les conférenciers ont exigé de la rendre publique afin que tout le «monde sache à quoi s’en tenir». Même s’ils espèrent toucher le plus grand nombre de citoyens, la pétition lancée depuis quelques mois a déjà reçu la signature de 17.000 personnes, et les animateurs de cette association ne comptent pas en rester là puisqu’une action en justice serait envisagée. «Nous travaillons pour rechercher les voies possibles et légales» afin de stopper ce «crime écologique» et inciter ainsi les pouvoirs publics à protéger ces «ressources génétiques» en respectant le statut de protection dévolu à ce parc naturel.
Saïd Farhi
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com