Un programme très sobre
Le programme de la deuxième journée de la semaine culturelle d’Oran à Alger a été marqué par une rencontre sur l’histoire d’Oran, organisée mardi après-midi à la salle El Mouggar, et, en soirée à la salle Ibn Zeydoun, un gala de variétés oranaises très sobre et rapidement expédié.La rencontre de la salle El Mouggar consistera en trois brèves communications où les intervenants, devant un parterre très clairsemé, porteront leurs regards, sous des angles différents, sur la ville d’Oran qui aboutiront au même constat, à savoir qu’Oran aura été à travers l’histoire une ville ouverte, de tolérance et de brassage culturel et un pôle culturel important dont le considérable patrimoine est resté longtemps dans l’oubli. Premier intervenant, le sociologue Mohamed Tayebi, dans une communication intitulée «Oran dans la mémoire», soulignera le fait qu’Oran ait été un lieu de convergence et de foisonnement culturels qui a abrité d’éminents érudits et poètes. Chaque coin d’Oran, dira l’intervenant, est un «coin de tolérance et de sang», précisant que le poids d’Oran sur le plan culturel est immense et constitue un segment essentiel de la culture nationale.
La ville est en train de renaître de ses cendres, devra-t-il ajouter, même si elle vit aujourd’hui une «léthargie de conjoncture». Pour sa part, Hadj Meliani, chercheur au CRASC, axera son propos sur l’évolution de la chanson oranaise au XXème siècle et tentera de circonscrire très brièvement les éléments constitutifs de la chanson oranaise. Il rappellera que la ville d’Oran a toujours été une ville ouverte où plusieurs communautés étrangères ont pu coexister (Espagnols, Maltais, Allemands… etc.), et où chaque communauté a ramené son capital culturel. La musique oranaise, qui est la résultante de différents styles, sera irriguée de tous ces apports culturels: la musique andalouse, le chï’r melhoun avec la citadinisation du bédoui, le chant des meddahates, la musique occidentale, le flamenco, le style latino-américain. Le thème de la troisième communication, présenté par Kouider Metaïer, président de l’association Bel Horizon, portera sur «L’histoire d’Oran à travers ses monuments».
L’intervenant choisira délibérément d’aborder son propos sous l’angle de la ville d’Oran vue à partir d’Alger pour mettre en exergue tous les préjugés que la ville continue à subir à ce jour. La ville n’est pas arrivée à se départir de son étiquette de ville espagnole ou européenne, qui est restée ancrée dans les esprits et continue à porter un grand préjudice à sa dimension historique et à la valorisation de son patrimoine. Le gala, organisé dans la soirée à la salle Ibn Zeydoun, sera d’une extrême sobriété. Le faible public sera convié à un plateau constitué par le duo Rahal Zoubir et Cherigui Abdelkader, qui présenteront trois chansons et un pot-pourri de mélodies du patrimoine oranais et le chanteur raï Nani qui gratifiera l’assistance de trois chansons de son répertoire.
G. Morad
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com