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SELON YOUCEF YOUSFI



Sonatrach suit l'affaire du raffineur suisse Petroplus, en état d'insolvabilité depuis le début de l'année. C'est ce que le ministre de l'Energie et des Mines a indiqué, hier, en marge d'une réunion des cadres de la police des mines.
Chérif Bennaceur - Alger (Le soir) - Selon Youcef Yousfi, Sonatrach ainsi que ses cabinetsconseils à l'international suivent l'affaire de cette société suisse en quasi-faillite et dont la compagnie algérienne détiendrait quelque 250 millions de dollars de créances. Un montant de créances, voire des pertes que Sonatrach, fournisseur de Petroplus en pétrole brut, pourrait subir, et que le ministre de l'Energie a confirmées tacitement même si il n'a avancé aucune estimation financière précise. Par ailleurs, Youcef Yousfi a laissé entendre que le quota de l'Algérie au sein de l'Opep dont une réunion est attendue le mois prochain, ne devrait pas connaître de changements. Et cela, même si ce quota pourrait subir l'augmentation de la production pétrolière de l'Algérie en raison de l'entrée en activité de nouveaux gisements dès la fin de l'année 2012. Répondant à une question sur la sollicitude de l'Arabie Saoudite à suppléer davantage à la demande, Youcef Yousfi a ainsi indiqué que cette question n'a pas été abordée récemment et que la situation devrait être examinée lors de la prochaine réunion de l'organisation pétrolière.
Plus de 500 exploitations minières «stérilisées»
Ouverte hier et se poursuivant aujourd'hui au siège du ministère de l'Energie, cette réunion des cadres de la police des mines, relevant de l'Agence nationale de géologie et de contrôle minier (ANGCM) se veut l'occasion de dresser l'état des lieux et les perspectives en matière de gestion et contrôle des activités minières. Un état des lieux qui s'annonce mitigé, même sombre, selon les nombreuses critiques formulées par Youcef Yousfi qui a semblé remettre en cause le mode de gestion adopté durant la décade écoulée. Et cela même si des opérations d'assainissement du domaine minier et des actions de modernisation ont été entreprises, et que l'ANGCM entende renforcer son encadrement de contrôle en recrutant une trentaine d'ingénieurs et qu'un institut algérien des mines, dédié à la formation, soit en voie d'être opérationnel. Ainsi, le ministre de l'Energie n'a cessé de décrier les insuffisances, les infractions au code minier en vigueur. Et d'autant que sur un total de 2 533 titres et autorisations minières, l'on relève notamment que plus de 500 exploitations minières sont inactives (à l'arrêt, abandonnées...) et donc «stérilisées». Mais aussi que près de 200 opérateurs publics et privés ne paient pas leurs redevances d'extraction depuis plusieurs années et des centaines de sites ne sont pas bornés, sont hors périmètre ou dont les opérateurs n'ouvrent pas leurs comptes séquestres ou ne remettent pas leurs rapports d'activité et autres relevés topologiques et audits environnementaux…
«Ça suffit», déclare Yousfi
«Ça suffit», martelait à plusieurs reprises Youcef Yousfi, convaincu que le potentiel minier national est «appréciable quoique méconnu» mais qui pâtit cependant de moult insuffisances dans la recherche minière et de «retards». A ce propos, le ministre de tutelle relève le retard dans l'établissement de la cartographie géologique, le retard dans le développement des ressources humaines qualifiées et l'utilisation des nouvelles technologies, l'investissement insuffisant dans le renouvellement des infrastructures et des équipements… Comme Youcef Yousfi ne comprend pas le recours à l'importation de plusieurs matières premières et minerais pouvant être produits et valorisés localement, l'exploitation insuffisante des potentiels salins. Mais aussi le non-respect de la réglementation en matière de sécurité et respect des normes environnementales, estimant que le nombre d'accidents et de morts «c'est trop, ça suffit». Comme il estime «inadmissible » le non-paiement des redevances ainsi que le comportement d'«opérateurs qui se croient tout permis».
Cap sur la valorisation du patrimoine
Appelant l'ANGCM à «redoubler d'efforts» et la police des mines à œuvrer à «faire respecter davantage la réglementation», le ministre a prôné la nécessité de la formation technologique, la modernisation de l'administration et des opérateurs en matière de gestion ainsi que d'intensifier l'exploration et valorisation du patrimoine minier. Outre l'engagement propre de l'Etat à investir à terme 5 milliards de dinars pour le développement minier et la création d'un groupe industriel public, Youcef Yousfi a indiqué l'ouverture de nouvelles mines de plomb-zinc et le développement de l'exploitation des pierres précieuses dont le diamant.


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