Le Maroc veut-il «réchauffer» le conflit avec les Sahraouis en prenant prétexte de l'installation à Tifariti d'un nouveau Conseil national sahraoui, d'un projet de construction d'un complexe sportif financé par l'Afrique du Sud et d'un barrage pour l'alimentation en eau potable financé par la mairie de Séville ? Le ministère marocain des Affaires étrangères a publié, hier, un communiqué au ton très martial affirmant qu'il ne saurait tolérer la construction d'infrastructures dans ce qu'il appelle la « zone tampon » de Tifariti. Ce raidissement guerrier paraît surtout lié au fait que les Sahraouis, après trois rounds de « négociations » à New York et à l'approche du 4ème round, n'entendent pas transiger sur la question du droit à l'autodétermination. Alger, en dépit des pressions occidentales en faveur du plan d'autonomie marocain, n'a pas changé également de position. Récemment, l'envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara Occidental, Peter Van Walsum, constatait que les positions étaient «encore très éloignées» et qu'il ne disposait pas de solution alternative pour sortir de l'impasse. Les discussions de New York, voulues par certains pays occidentaux comme un moyen de faire passer le plan marocain, n'ont pas atteint ce but. Le Polisario, qui a le droit pour lui, n'a pas cédé à la pression. C'est dans ce contexte qu'il faut lire ce communiqué guerrier où le gouvernement marocain annonce qu'il ne « saurait en aucune manière tolérer toute rupture du statu quo ou fait accompli dans cette zone qui a été depuis la proclamation du cessez-le-feu en 1991 exempte de présence ou d'infrastructures». Cette affirmation est assortie d'une menace d'agir par «tous les moyens» pour préserver ce qu'il appelle son « intégrité territoriale» et sa «sécurité nationale». Le Maroc est-il sur le sentier de la guerre ? Il est en tout cas dans un discours de la guerre à usage diplomatique. Les infrastructures à construire à Tifariti, qui n'ont rien de militaire, il faut le préciser, servent en effet de prétexte pour essayer de relancer une bataille diplomatique à l'issue incertaine en dépit du soutien des Américains et des Français. Le message que le Maroc ne cesse de marteler - «l'autonomie, rien que l'autonomie» -, est en train de muer vers «l'autonomie ou la guerre».
Un choix risqué
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Saâdoune
Source : www.lequotidien-oran.com