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Risques de sclérose de l'économie nationale



Risques de sclérose de l'économie nationale
Dans cette conjoncture de crise, les priorités dans les investissements publics doivent être définies.Rencontré lors d'une journée d'étude organisée en marge du Salon international des travaux publics d'Alger (SITP 2015), le directeur des statistiques, de la modélisation et de la synthèse auprès du Conseil national économique et social (Cnes), Omar Bouazouni, a estimé que le ralentissement de la commande publique dans le secteur du BTPH provoquerait la sclérose de toute l'économie."Si vous ralentissez la commande publique dans ce secteur, c'est toute l'économie qui est sclérosée. Et la sclérose de l'économie, on peut la ressentir rapidement via les grèves, via les crises, via les émeutes", a-t-il expliqué. M. Bouazouni semble persuadé que la diminution de la ressource financière via la fiscalité pétrolière ne va pas impacter le secteur en général.Argumentant, notre interlocuteur précise que "l'intention de l'Etat de relancer les travaux publics a démarré quand le pétrole était à 22 dollars. Si on regarde le prix actuellement on est sur 45/46 dollars. Je pense qu'on est deux fois déjà sur le prix qui était observé en 2000". L'Etat a axé ses investissements sur les travaux publics pour deux raisons. Premièrement, ce sont des équipements publics dont l'intérêt est global. Il est utilisé par tout le monde. Et aussi dans le cadre du réaménagement de la politique du territoire. Ce qui fait remarquer à M. Bouazouni que "réellement le gouvernement est soucieux et conscient de la chose. Un tiers des salaires émane du secteur des TP. Je pense qu'il faut penser à trois fois à la question. Je ne pense pas que le gouvernement soit aussi myope pour retarder et ralentir son intention, quitte à aller voir d'autres mécanismes de financement, soit l'emprunt extérieur, soit l'emprunt interne qui est très important. On peut mobiliser cet emprunt pour porter plus d'intérêt à ce secteur". Ceci étant dit, M. Bouazouni ajoute que la question qui mérite d'être posée est celle relative au choix des équipements publics. "Je pense à mon avis qu'il y a un choix qui passe en priorité. C'est la sécurité hydrique. On doit porter notre capacité à 17 milliards de m3 pour sécuriser une génération qui est de 25 ans. La consommation d'eau en économie est inélastique. On ne peut pas patienter. Cela touche la vie de la personne et de l'environnement. Là vous avez non seulement les barrages, les retenues collinaires et les transferts. Ce sont des équipements publics très importants", précise-t-il, en indiquant que la région nord-ouest de l'Algérie est celle où il faut accentuer le développement de la ressource hydrique en matière de barrages et de transferts. Ensuite, poursuit-il, viendront les routes. Il faut dire que les équipements de transport qui ont été acquis gravitent tous autour des métropoles et principaux centres urbains. Enfin, M. Bouazouni déplore que notre grand territoire soit mal réparti à cause, dit-il, du mauvais aménagement. "On entend parler de manque de foncier, alors que nous avons un grand pays. Il y a un problème là. Un territoire qui n'a pas été aménagé est un territoire stérile économiquement."S. S.


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