
Le phénomène d'augmentations de salaires rognés par la hausse des prix risque de se répéter, avec ses conséquences négatives sur la paix sociale.L'Etat a cessé, depuis quelques années, de piocher dans la poche des employés pour alimenter la fiscalité ordinaire. La "découpe" à la source (IRG), il y recourait à loisir, dans une situation de crise abyssale. Cela a changé aujourd'hui et l'Etat paraît généreux, revalorisant les salaires, au grand bonheur des fonctionnaires.Dans les entreprises, les gains salariaux sont réajustés, en fonction des disponibilités financières. L'amélioration des salaires devrait se poursuivre, puisqu'il est attendu un réaménagement du fameux 87 bis avant la fin de l'année. Et si la question est tranchée, il y aura nécessairement rallonge budgétaire. Le pays n'étant plus sous surveillance des institutions financières internationales, comme il l'était dans les années 1990, peut s'offrir la paix sociale qu'il veut, quitte à le faire au détriment de paramètres économiques, estiment des spécialistes du domaine. Le problème est que l'augmentation significative des salaires (il est des salaires à six chiffres) n'a pas permis de soutenir réellement le pouvoir d'achat des ménages qui, au contraire, s'est érodé sous l'effet de l'inflation.Dans une déclaration récente, le gouverneur de la Banque d'Algérie parlait, lui, de "tendance à la désinflation". à décembre 2013, l'inflation sous-jacente, mesurée hors produits alimentaires, se situait, en moyenne annuelle, autour de 3,32%. Cette tendance va-t-elle se maintenir ' Peu probable, à l'analyse de l'évolution des prix à la consommation. L'indice national des prix à la consommation est calculé sur la base d'observation des prix effectuée auprès d'un échantillon de 17 villes et villages représentatifs des différentes régions du pays.Cet indice permet essentiellement de disposer d'indicateurs d'évolution des prix de détail sur l'ensemble du territoire national, permettant ainsi une analyse comparative de l'évolution des prix entre Alger et les autres régions du pays.Pour le mois de janvier 2014, par exemple, l'indice général des prix à la consommation au niveau national enregistre une hausse de 1,1% par rapport au mois de décembre 2013. Les prix des biens alimentaires augmentent de 1,9%. Même s'il est à un chiffre, ce relèvement est important. L'indice brut des prix à la consommation de la ville d'Alger affiche, pour le mois de janvier 2014, une hausse de 0,7% par rapport au mois de décembre 2013, soit une variation mensuelle en deçà de celle relevée le même mois de l'année écoulée (+1,2% en janvier 2013 par rapport au mois précédent), selon les conclusions d'une enquête de l'ONS. A l'évidence, ces variations affectent le pouvoir d'achat des ménages qui ont du mal à gérer leur portefeuille. Des salaires valorisés, mais rongés par l'inflation, des budgets à rallonges, le futur président aura toutes les peines du monde à concilier rigueur budgétaire et exigences salariales.Y. S.NomAdresse email
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Youcef Salami
Source : www.liberte-algerie.com