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Repère : la fin du brouillage israélien International : les autres articles



Mission accomplie pour les Palestiniens auprès de l'ONU, même si le vote de jeudi en faveur de l'Etat palestinien ne signifie rien d'autre que plus d'efforts, Israël s'obstinant à s'opposer à toute forme de règlement. Eux en tout cas étaient convaincus de leur bon droit, et sûrs des appuis dont allait bénéficier leur démarche. Et ce n'est pas rien, même si tout a été fait pour en minimiser la portée. Finalement, il y a eu très peu de réticence et beaucoup de conviction, car le vote en question a valeur d'engagement.
138 pays sur les 193 Etats membres ont voté en faveur de l'Etat palestinien, avec neuf votes négatifs, et 41 abstentions. Ce vote redonne plus de lisibilité à un conflit menacé de brouillage en raison d'un processus de négociations qui a pris les Palestiniens en otages au lieu d'en faire des partenaires. Et maintenant, s'interroge-t-on, les Palestiniens vivront-ils toujours sous occupation ' Depuis jeudi, l'ONU a en quelque sorte repris en main le dossier palestinien, lequel n'aurait jamais dû lui échapper. Et pour cause, elle en est la première responsable, pour avoir décidé d'un processus qu'elle n'a conduit qu'à moitié. Mieux que cela, elle est en train de le reconfigurer afin de le mettre en conformité avec l'ensemble de ses résolutions.
Comme les 242 et 338 du Conseil de sécurité, adoptées en 1967, mais toujours valides. Evoquant les «droits nationaux inaliénables» des Palestiniens, le président Mahmoud Abbas a affirmé que ceux-ci «n'accepteront rien moins qu'un Etat de Palestine indépendant avec El Qods-est comme capitale, sur tout le territoire palestinien occupé en 1967, vivant en paix et en sécurité aux côtés de l'Etat d'Israël».
Ces résolutions ont été reconnues par les Palestiniens en novembre 1988, alors même qu'était proclamé à Alger l'Etat palestinien. Mieux que cela, et depuis 1991, ces textes ont été retenus comme la base de toute négociation. L'autre élément important est l'appui du mouvement palestinien Hamas à la démarche de la direction palestinienne en toute connaissance de cause et reconnaissant donc la validité des résolutions en question, ce qui, à vrai dire, n'est pas nouveau, sauf qu'un tel discours était délibérément brouillé.
Comme pour dire que les Palestiniens sont divisés, et que par conséquent, aucune négociation n'est possible.
Le monde alors ne peut qu'en prendre acte. Il l'a fait en devenant sourd à tout autre discours, mais restant néanmoins attentif aux menaces de représailles, car il y en aura. Déjà l'Unesco y est exposée depuis qu'elle a admis en son sein, il y a une année, l'Etat de Palestine. Tout comme pourraient l'être l'ONU et ses différentes institutions. Les Palestiniens en ce qui les concerne connaissent déjà toutes les formes de restriction, et la crise qui les affecte actuellement en est la preuve. L'ONU n'a d'ailleurs pas manqué de dénoncer ce qu'elle-même a appelé «le chantage alimentaire».
Constatant également une cohérence dans l'approche palestinienne, le monde s'est fait fort d'appeler à la reprise des négociations palestino-israéliennes, tout en se montrant persuadé qu'Israël ne déploie, de son côté, aucun effort. Pire que cela, en persistant dans sa politique de colonisation, Israël ruine tous les espoirs. Au point que Mahmoud Abbas avertissait depuis la tribune des Nations unies qu'il s'agissait de «la dernière chance de sauver la solution à deux Etats».
Sachant qu'un tel vote ne peut être que le début d'un nouveau processus, et en aucun cas une fin en soi, il a averti : «Le temps presse, la patience s'épuise et l'espoir s'amenuise.» Après avoir tout envisagé, jusqu'à la fin de l'Autorité palestinienne issue des Accords d'Oslo et qui ne sert plus que d'alibi. Peu avant de quitter son poste de secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan mettait en garde le monde contre un effondrement de l'Autorité palestinienne. «Ce serait le chaos», avait-il dit. C'est aussi le sens du message de Mahmoud Abbas.
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