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Le corps a été retrouvé dans une morgue à Tripoli Funérailles d' un opposant à El Gueddafi



L'opposant Mansour Rachid Al Kikhia a été enlevé en 1993. Il devrait être enterré aujourd'hui dans sa ville natale à Benghazi.
Le ministère libyen des Affaires étrangères a annoncé l'organisation, dimanche, d'une cérémonie funèbre en hommage à un farouche opposant, à l'ex-dictateur libyen Mouammar El Gueddafi, disparu il y a 19 ans et dont le corps a été découvert tout récemment dans une morgue à Tripoli. «Le régime tyrannique (d'El Gueddafi) a enlevé l'opposant Mansour Rachid Al-Kikhia, l'a tué, dissimulé son corps et ne l'a pas enterré, ce qui prouve qu'il avait plus peur de lui mort que vivant», a indiqué le ministère dans un communiqué.
Al Kikhia devrait être enterré, lundi, dans sa ville natale de Benghazi, selon son frère Mahmoud. Ce dernier a précisé que la dépouille de Mansour Al-Kikhia avait été découverte à la mi-octobre dans une morgue à l'intérieur d'une villa à Tripoli, appartenant aux services des renseignement militaires gueddafistes. «L'analyse de l'ADN a prouvé que le corps retrouvé est compatible avec celui des frères et des fils de Mansour Al Kikhia», a-t-il affirmé. Il a précisé que c'est Abdallah Al Senoussi, ex-chef de renseignements sous Mouammar El Gueddafi, actuellement emprisonné par les nouvelles autorités, qui «a reconnu l'enlèvement de Mansour, et indiqué le lieu où se trouvait sa dépouille».
Mansour Al Kikhia avait disparu, en décembre 1993, au Caire. Les services de renseignements libyens avaient été alors pointés du doigt et une implication du régime égyptien fut évoquée, mais en l'absence de preuves, la disparition de cet opposant est restée un mystère.
Né en 1931 à Benghazi, Al Kikhia avait entamé une carrière de diplomate sous la monarchie. Ambassadeur à Paris, puis à Alger, il était devenu le représentant de la Libye auprès des Nations unies en 1965. El Gueddafi le nomma ministre des Affaires étrangères en 1972.
Huit ans plus tard, revenu à ses fonctions onusiennes, il quittait l'ancien «Guide» et passait à l'opposition. Durant les années 1990, Mouammar El Gueddafi avait lancé une campagne de liquidation de plusieurs opposants dans des pays arabes et occidentaux, qui étaient qualifiés, par le défunt dictateur, de «chiens errants».
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