Qu’est-ce qui fait, selon vous, qu’aujourd’hui la poésie féminine est moins diffusée que la poésie masculine ' Effectivement, la poésie féminine est moins diffusée que la poésie masculine. Et cela pour diverses raisons. Je pense que nous évoluons dans une société misandre. C’est frustrant mais c’est une réalité indéniable. Pourquoi les grandes figures féminines de la poésie sont-elles rares dans le monde 'J’estime que la poésie est un don. Donc, ce n’est pas un métier qui s’exerce mécaniquement. Pensez-vous que la poésie en général soit suffisamment éditée, et pourquoi 'La diffusion de la poésie diffère d’un pays à un autre, d’une nation à une autre, d’une société à une autre. Pour ma part, je pense qu’au Liban, on accorde de l’importance à la poésie. La preuve la célèbre écrivaine Ahlem Mostghanemi a émergé d’abord au Mechreq puis au Maghreb. Les raisons qui font que la poésie est moins éditée par rapport à d’autres genres littéraires, cela incombe aux relations et aux échanges entre les peuples du monde. Quant aux poètes vivants qui ne trouvent, en outre, aucune tribune pour diffuser leurs textes, quasi-exclusivement oraux, ont ainsi peu de chance de rencontrer un artiste qui s’intéresserait à adapter musicalement leurs vers. A ce problème, vient se greffer celui du manque de compositeurs musicaux engagés, disposant de suffisamment de talent pour habiller de notes des textes souvent sublimes. Comment appréhendez-vous le métier de poète ' Il est très difficile d’être poète de nos jours particulièrement pour une femme. L’individualisme se réveille dans le monde arabe à travers la poésie. C’est comme s’il s’agissait d’une résistance personnelle contre l’oppression. Que pensez-vous de l’apparition de nouvelles formes de poésie, peut être plus ludique ' Oui, la nature n’aime pas l’immobilisme, tout est toujours en mouvement. Une littérature qui veut avancer doit forcément s’ouvrir au monde et à d’autres richesses culturelles. On doit saisir cette opportunité pour une promotion avérée de la culture.Et pensez-vous que des lectures publiques de la poésie parfois rattrapée par la mise en scène théâtrale ' J’abhorre la démarche de convertir un bon ou un mauvais recueil de poésie en une pièce de théâtre. C’est presque malsain voire même de la tricherie. Un mot pour terminer 'D’abord, je suis très ravie d’être conviée à Alger. Un beau pays. En plus, j’ai eu la chance de visiter le 15e SILA. Je compte, par ailleurs publier un autre ouvrage. J’envisage aussi de composer, avec un ensemble d’artistes des textes de musique pour des artistes comme Elissa, Nawel Zoghbi et Fadhel Chaker.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Entretien réalisé par Samira Sidhoum.
Source : www.horizons.com