Côté cour Les relations algéro-françaises sont jalonnées de contentieux extrêmement délicats dans leurs traitement. De puissants lobbys n'arrêtent pas de faire pression sur les pouvoirs en place des deux côtés de la Méditerranée pour réclamer justice. A tort ou à raison, les héritiers d'un passé douloureux à plusieurs égards, qu'ils soient Français ou Algériens, ne facilitent pas la tâche à ceux qui voudraient tourner la page définitivement au sujet d'une guerre qui aura duré 132 ans.
Ni la France, ni l'Algérie ne souhaiteraient que les archives conservées à Aix en Provence ne soient présentement publiées, afin de ne pas rouvrir certaines blessures non encore cicatrisées. La France nie l'existence d'une partie des archives. L'Algérie concernant l'écriture de son histoire par des historiens estimerait qu'elle n'est pas encore préparée à lire avec la distanciation nécessaire son passé. Pourtant, des témoignages d'hommes et de femmes, nous renseignent sur ce que fut cette période tragique par des interviews télévisées. Les acteurs directs à d'importants évènements historiques sont encore vivants. D'autres sont morts recouverts de gloire, ou de hontes, selon les appréciations des parties concernées. L'ennemi de l'un est adulé et décoré par l'autre partie belligérante, et vice-versa mais il y a des pratiques que la mémoire ne peut en aucun cas excuser comme la torture, les viols des femmes et des enfants, sinon les spoliations des meilleures terres au profit de migrants, dont les arrières petits fils réclament aujourd'hui des indemnisations à l' Algérie. Les accords d'Evian ont prévu un certain nombre de dispositions pour indemniser les Français qui avaient des biens en Algérie, cependant rien n'a été prévu à cette époque concernant les harkis dont les descendants aujourd'hui voudraient bien tourner la page du passé, pour venir investir en Algérie. C'est dire combien les relations algéro-françaises demeurent complexes et sensibles, et que les rapports entre les deux pays en fait ne s'arrêtent à de simples excuses, même si M. François Hollande a condamné sans ménagement le colonialisme français en déclarant «qu'il n'avait rien fait de positif». La visite de Hollande en Algérie, aura un double impact, car, nécessité fait loi. Il s'agira pour le président français de reconnaître ce que ses prédécesseurs n'ont jamais voulu admettre, qu'avant 1954, la torture était systématiquement utilisée par la police française à l'instar du général Bugeaud qui la pratiquait sans sourciller. La torture a été institutionnalisée par les gouvernements français et l'armée française après qu'elle eut reçu tous les pouvoirs pour détruire le FLN, que ce soit dans les zones rurales ou urbaines. La France en faisant voter une certaine loi amnistiante le 31 juillet 1968, en confirmation de 2 décrets votés en 1962 pour amnistier les bourreaux, et les suspects du peuple algérien avait fait une erreur de jugement vis-à-vis d'auteurs de crimes impardonnables, parce que certains prisonniers sont morts chez eux après leur libération. Il faut publier l'histoire tumultueuse de l'Algérie, il faut que le devoir de vérité soit une exigence pour que nos enfants puissent lire l'histoire de leurs arrières grands-parents. Il serait souhaitable d'enseigner dans nos écoles, et dans les écoles françaises les témoignages figurant dans le livre La question d'Henri Alleg qui fut directeur du journal Alger Républicain. Henri Alleg avait été arrêté et torturé. Il serait souhaitable de diffuser à une large échelle La gangrène de Bachir Boumaza, ou les témoignages de Louisette Ighilahriz. Il faut considérer à sa juste mesure la phrase désormais célèbre de Kateb Yacine qui avait souligné que : « La langue française est un butin de guerre». Il serait judicieux de fixer dans les mémoires des générations futures l'image disgracieuse des tortionnaires tels que : Paul Aussaresses, J.M. Lepen ou Lagaillarde, autrement du notoire harki Bachaga Boualem qui est allé se réfugier le 18 mai 1962 quelque part dans le sud de la France. La guerre d'Algérie est souvent qualifiée de «sale guerre» par ceux qui furent les témoins directs de cette pitoyable époque, et qui voudraient l'a décrire crument, car, comme dans toutes les guerres, il y a eu également des dérives du côté des combattants algériens par le désir de vengeance. Côté jardin La visite de M. Hollande apparait à présent, comme propice à un début de règlement d'un conflit qui s'enlise au détriment des économies des deux nations. La France a toujours vécu à crédit et entend continuer à le faire. Face à la menace d'une récession économique, la France a besoin de l'Algérie pour crédibiliser ses nombreux atouts, notamment en matière de savoir-faire dans de nombreux domaines, étant donné que son économie repose presque exclusivement sur une balance commerciale qui a pour obligation d'être excédentaire. L'Algérie dont les recettes extérieures sont dépendantes des hydrocarbures aurait tout à gagner si elle arrivait à convaincre les Français, qu'il est parfaitement possible de concevoir un partenariat dont la crédibilité reposerait sur la construction en Algérie d'un tissu industriel fait de multiple PME/PMI, étant donné que faute de compétitivité, et de crédits, celles-ci glissent la clef sous le paillasson les unes après les autres depuis le début de la crise économique. Le plan de rigueur s'échelonnant sur plusieurs années ne rendra pas pour autant la crédibilité aux produits français sur les marchés extérieurs, ni sur son marché intérieur, puisque l'endettement de la France a atteint, voire même dépassé le seuil de l'intolérable. Avec près de 1 700 milliards d'euros de dettes, auxquelles, il faut rajouter les déficits structurels de ses finances publiques, l'actuel gouvernement socialiste ne pourra pas que compter sur les programmes d'austérité, ni même sur le patriotisme des plus fortunés des Français, pour relancer la compétitivité de ses entreprises. Ce grand pays technologique a besoin de revoir complètement ses stratégies en matière de coûts à la production pour pouvoir mieux pénétrer les marchés qui lui étaient traditionnellement acquis, c'est pourquoi, l'Algérie pourrait à bien des égards, dans le cadre d'un partenariat complémentaire, et mutuellement profitable, être une source financièrement crédible pour stimuler la croissance des deux pays. L'économie de l'endettement de la France et des principaux pays capitalistes ne pourra mener qu'à l'exacerbation de la crise, mieux peut-être, qu'il va falloir envisager des solutions médianes pour éviter que les bulles politiques ne se transforment en catastrophes économiques.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Amar Khelifi
Source : www.lnr-dz.com