Cet enfer libanais que l’Algérie a évité!
Pour ceux qui ont la mémoire courte et uniquement pour eux, il est utile de rappeler qu’il y a une petite quinzaine d’années, alors que la guerre d’Irak -la première du nom- commençait à peine, le leader du FIS déchu, un certain Ali Benhadj, revêtu d’un treillis militaire, avait demandé à être reçu par le Premier responsable du ministère de la Défense.
L’objet de la visite, alors largement répercuté par la presse, tenait en une seule «revendication»: l’Etat algérien devait mettre à la disposition des militants de ce parti des moyens matériels, en terrain d’entraînement et en armement de tous types, pour préparer une mission d’intervention afin «de venir en aide à ce peuple frère en guerre contre les impies». Pour faire court et traduire en mots intelligibles, il était demandé à l’armée de la République de déléguer ses prérogatives à un parti politique qui déciderait ainsi de l’opportunité de mener les actions qu’il jugerait utiles d’entreprendre. Bien évidemment, les responsables algériens de la défense, ayant vu venir la bête et ses innommables projets, ont opposé un refus énergique à toute velléité de dépouiller l’armée algérienne de son rôle inaliénable de défense du territoire qui aurait conduit indiscutablement à l’effondrement de l’Etat. Le cauchemar libanais est ressemblant, en tous points, à ce schéma que l’Algérie fut à deux doigts de connaître. La guerre qui se déroule sous les yeux effarés du monde arabe et des premiers Libanais eux-mêmes est un conflit bâtard qui n’oppose pas deux Etats; mais un Etat, Israël, à un parti politique, le Hezbollah. Si l’Etat d’Israël se délecte de l’occasion qui lui est donnée de massacrer des civils, c’est qu’il peut faire la sourde oreille aux protestations de la communauté internationale: la convention de Genève et autres broutilles, ne concernent que les guerres conventionnelles, armée contre armée. Or là, il s’agit d’un cas hybride, civils contre armée régulière! Le gouvernement libanais se trouve complètement hors-jeu du simple fait qu’il n’a pas autorité sur tout le pays. Il s’effondre de lui-même sous le poids des ethnies et des tendances religieuses. Un enfer que l’Algérie a évité de justesse. Pour le moment du moins.
-
Votre commentaire
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com