Alger

Réforme bancaire Les banquiers veulent avoir plus de crédit



Les banques et les établissements financiers publics et privés veulent s'impliquer pour accélérer la réforme bancaire qui n'avance pas. Les banquiers issus du privé et du public viennent en effet d'élaborer et de transmettre plusieurs recommandations sur le financement de l'économie nationale au ministère des Finances, a appris l'APS auprès du ministère des Finances. Les propositions concernent le financement de l'économie et le cadre légal et réglementaire de l'activité bancaire et financière. Les banques et établissements financiers ont considéré que les réformes et mutations déjà initiées dans ce domaine doivent être confortées par «des actions substantielles». Objectif: permettre aux banques le développement de leurs politiques et stratégies de croissance ainsi que la création de nouveaux produits et services bancaires. Autrement dit, les banquiers se plaignent de la théorisation de la réforme bancaire qui n'est pas encore appliquée sur le terrain. Les banques publiques restent en effet soumises aux contrôles du pouvoir politique et agissent souvent avec des injonctions venues du gouvernement. Les banquiers ont suggéré la mise en place d'un mécanisme d'échange structuré et permanent entre l'Association des banques et établissements financiers (Abef) et le ministère des Finances, dont la tâche est de «contribuer à l'enrichissement des projets de loi touchant l'activité bancaire. L'accent a été également mis sur le dialogue technique qui doit être renforcé notamment entre les banques et la Banque d'Algérie sur le cadre juridique de l'activité bancaire. Sur le financement des PME, les banques ont estimé que contrairement aux crédits d'exploitation, les crédits d'investissement constituent une source de difficultés (surcoûts des projets, insuffisance des fonds propres...). Dans ce sens, ils ont proposé que la prise en charge de ces difficultés ne peut être du ressort exclusif des banques lesquelles ont proposé, d'ailleurs, une révision appropriée de la forme et des durées des crédits. Le financement du logement a été évoqué également par les banquiers. Le crédit immobilier peine à se développer comme en témoignent les difficultés rencontrées par la CNEP et les débuts difficiles de Société Générale Algérie pour vendre son produit. La cause ? La délivrance souvent en retard par les administrations et les promoteurs immobiliers des papiers nécessaires (acte de propriété ou contrat de vente sur plan) à l'obtention d'un crédit immobilier. Les responsables de banques constatent que la faible expansion du crédit hypothécaire se trouve en dehors du système bancaire. Pour y remédier, ils recommandent une révision du système d'aide au logement, la mise en place en urgence d'une centrale des risques des ménages pour éviter le surendettement de ces derniers, la facilitation des procédures d'octroi de permis de construire et de titres de propriété pour l'accès au crédit hypothécaire. Le financement de l'agriculture pose également problème aux banques. Les banquiers ont relevé les difficultés dans le recouvrement des crédits octroyés et un excès de prudence vis-à-vis des investisseurs agriculteurs et ce, malgré les mécanismes de soutien existants. «Malgré l'existence d'institutions financières spécialisées en charge du financement de ce secteur, le problème du financement de l'agriculture se pose avec acuité en raison de problèmes structurels que connaît le système d'exploitation agricole national», indique-t-on de même source. Pour lever les obstacles au développement du crédit agricole, les banquiers recommandent l'adaptation du statut juridique du foncier agricole en vue de faciliter à l'agriculteur l'accès au crédit. Ils proposent également la réactivation des fonds de garantie agricole en les érigeant en organismes indépendants de garantie des investissements agricoles ou d'assurance crédit pour le secteur. En matière d'adossement des crédits de longue durée à des ressources adaptées, les banquiers recommandent la mobilisation sur le marché financier d'une épargne longue et l'exploitation de la possibilité offerte aux banques de transformer auprès du Trésor public leurs ressources courtes en ressources longues. Concernant le tourisme, les propositions portent sur le développement de la syndication pour le financement des grands projets qui nécessitent selon les banquiers des investissements massifs en phase initiale et ne génèrent qu'à long terme les rentrées de fonds suffisants pour couvrir les coûts. En matière d'adossement des emplois de nature longue à des ressources adaptées, ils suggèrent la mobilisation sur le marché financier d'une épargne longue et l'exploitation de la possibilité offerte aux banques de transformer auprès du Trésor leurs ressources courtes en ressources longues. Les banquiers estiment que les crédits accordés doivent être assortis d'échéances nettement plus longues que celles des autres prêts consortiaux. Concernant le développement d'un véritable marché financier, les participants ont souligné que ce secteur doit contribuer dans le financement du développement des entreprises, des collectivités locales et de l'Etat, en complément du financement bancaire. Les banquiers ont recommandé la mise en place et le respect des principales dispositions du cahier des charges de l'intermédiaire en opérations de bourse (IOB) et l'ouverture du capital d'entreprises publiques à travers la Bourse d'Alger.
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