Alger - Revue de Presse

Récupération des archives concernant l’Algérie



Seule une réelle volonté politique… «La récupération d’une grande partie des archives algériennes, se trouvant actuellement à Istanbul et datant de centaines d’années avant l’invasion des Français, n’attend qu’une décision politique». C’est ce qu’a déclaré hier l’avocate Me Benbraham au cours d’une con-férence sur l’importance des archives dans l’histoire d’une nation, en expliquant qu’une simple demande suffit pour ouvrir des pages entières de l’histoire algérienne à l’étude. Elle précisera dans ce contexte que «les autorités turques sont (même) disposées à nous rendre nos archives». Il ne suffit donc, selon elle, que «d’une réelle volonté politique». Dans son exposé, Me Benbraham a passé en revue les cadres juridique et réglementaire qui régissent l’organisation de nos archives en France. «Nos archives du temps des Ottomans ont été transférées en France par l’Amiral De Bourmon à bord de deux bateaux. Et il existe deux textes réglementant les archives classées par la France. Les textes de lois sont datés de 1979 et portent (justement) sur la libération des archives classées», dira l’oratrice en regrettant que rien n’ait été fait jusqu’à maintenant pour «récupérer ces trésors d’histoire». «Les archives sont classées en plusieurs catégories. L’état civil qui date du temps des Ottomans, les archives publiques dont des dossiers médicaux impossibles à consulter avant 150 ans de la date de leur classement, des dossiers personnels consultables après 120 ans de leur classement, des dossiers de justice, les actes notariés, les recensements, les vies privées, les affaires touchant à la sûreté de l’Etat comprenant la Révolution, et les archives de la présidence française de 1944 à 1968 touchant l’Algérie», dit encore Me Benbraham. «Autant d’archives donc non consultables pour nous Algériens, a-t-elle lancé, parce que justement touchant à des dossiers ayant trait à la torture, aux décisions d’exécution, à la guerre.» il s’agirait, selon elle, de «documents susceptibles de compromettre l’Etat français», raison pour laquelle on ne peut les consulter maintenant. Intervenant lors des débats, Abdelkader Bousselham, diplomate et écrivain, a parlé des archives nationales. «Avant de parler des archives qui se trouvent ailleurs, pourquoi n’ouvrons-nous pas les archives d’ici? Il y a tant de choses à faire chez nous», dira-t-il en regrettant que les portes de ces archives soient «fermées à la face des Algériens eux-mêmes». Pour Me Benbraham, l’Algérie ne dispose pas d’assez d’archives et l’état dans lequel se trouve actuellement le centre des archives algériennes est regrettable. Tahar A.O.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)