Alger - Revue de Presse

Face à la flambée des prix



Le gouvernement Belkhadem sur la corde raide L’année 2007 est en train de consumer ses derniers jours sur fond de tension sociale qui connaît un regain substantiel. C’est la flambée des prix de la semoule, de l’huile et du lait, conséquence de l’envolée des cours de ces matières sur le marché mondial, qui en est la principale cause. Ainsi, pris de cours car il ne sait pas prévoir comme tout gouvernement qui se respecte, l’exécutif de Belkhadem tente de parer au plus pressé. La semaine dernière, c’est-à-dire la veille de l’Aïd, il a convoqué au pied levé un conseil interministériel pour annoncer la subvention du prix de la semoule, alors que des quantités d’huile seront vraisemblablement importées pour freiner la hausse de ce produit qui risque d’atteindre les 1.000 dinars, si l’on en croit le patron de Cévital. En attendant l’entrée en vigueur de ces mesures, qui doivent emprunter fatalement les maquis de la bureaucratie, la mayonnaise sociale est en train de monter en cadence. Mais la frustration sociale risque de virer carrément à l’explosion. Et pour cause, l’année 2008 arrive et la nouvelle grille des salaires au niveau de la Fonction publique n’est pas encore prête. On se souvient qu’au lendemain de la rentrée politique et sociale, marquée d’ailleurs par la même poussée de tension qu’aujourd’hui, gouvernement et UGTA avaient annoncé des augmentations de salaires dont l’entrée en vigueur est prévue pour début janvier. Ce qui a eu pour effet de faire baisser la température. Mais, aujourd’hui, force est de constater que la plupart des statuts particuliers sont encore au stade de négociations entre la tutelle et le syndicat. C’est le cas des enseignants, tous paliers confondus, des professionnels de la Santé et de l’administration publique. Ce retard aura fatalement des répercussions sur les feuilles de paie des travailleurs qui s’attendaient à voir leurs revenus grimper à partir de 2008. Et du coup, les augmentations qu’ils vont obtenir seront dérisoires et ne manqueront pas d’accentuer les frustrations. Une telle situation place le gouvernement de Abdelaziz Belkhadem dans une situation des plus délicate et met ses jours en sursis. Et les explications fournies hier par le ministre de l’Agriculture, Saïd Barkat, qui reproche aux Algériens d’avoir des familles nombreuses qui consomment beaucoup de céréales, ne sont qu’une fuite en avant alors qu’il est attendu de sa part un discours plus rassurant. En tout cas, le gouvernement se retrouve, après la crise du mois d’octobre, dans une nouvelle zone de turbulences. Sa survie passe inévitablement par des appels de fonds du Trésor public pour amortir les effets de la crise sociale qui a «smicardisé» encore d’autres pans de la classe moyenne. C’est une des pistes de travail des plus probables, car l’opinion publique, en particulier les travailleurs, a besoin de geste pour la faire adhérer à la perspective du troisième mandat. En effet, on voit mal des citoyens, laminés par l’augmentation des prix, se passionner pour un troisième mandat du Président, avec le ventre creux. H. Senouci
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