Alger - Revue de Presse

Reconnaissance des massacres du 8 mai 1945



Bouteflika retourne la politesse à Bajolet Les propos de l’ambassadeur de France sur les massacres du 8 mai 1945 ont été favorablement accueillis par le chef de l’Etat qui s’est dit «extrêmement attentif à toutes les voix qui s’élèvent en France» contre le «déni de l’histoire». Cette déclaration a été faite jeudi dans un message lu en son nom à Bejaia, au cours d’une cérémonie commémorant le 63e anniversaire des événements du 8 mai 1945. Le président Bouteflika a ajouté dans son message que cela concernait «particulièrement les événements du 8 mai 1945». Et d’ajouter que ces voix «ouvrent la voie à une réconciliation véritable et durable entre les peuples algérien et français». Le président de la République soulignera que, depuis l’indépendance du pays en 1962, l’Algérie s’est efforcée de construire avec ses voisins, et notamment avec la France, des rapports de coopération et de partenariat fondés sur la proximité géographique, l’intérêt mutuel et le respect de la souveraineté nationale». «Il est clair cependant que le déni de l’histoire, cet étrange révisionnisme qui s’est emparé de certains secteurs de l’opinion française, ne contribue pas à approfondir des relations qui devraient privilégier la construction des solidarités du futur», a-t-il relevé. M. Bouteflika a appelé à une «reconstitution historique, réaliste et sincère, d’un passé colonial qui a laissé des blessures profondes au sein du peuple algérien». Les propos du chef de l’Etat, qui ne manqueront pas d’être minutieusement analysés à Paris, font suite à la déclaration de l’ambassadeur de France en Algérie, Bernard Bajolet, qui a reconnu la semaine dernière les «massacres» perpétrés par les autorités françaises en Algérie en 1945". Il avait déclaré, en effet, qu’»aussi durs que soient les faits, la France n’entend pas, n’entend plus, les occulter. Le temps de la dénégation est terminé. Il avait également appelé les historiens français et algériens à faire sauter les tabous sur la colonisation pour une nouvelle page «d’amitié entre les ennemis d’hier». Une déclaration qui ne comportait aucune allusion à l’idée de repentance. Mais elle représente tout de même un pas très important dans la reconnaissance de ce qui s’est passé pendant que l’Europe fêtait la fin de la Seconde Guerre Mondiale et la victoire sur le nazisme. En 2005, l’ancien ambassadeur de France, Hubert Collins de Verrière avait qualifié ces événements de «tragédie inexcusable. Bien qu’accueillis favorablement, ces propos ont été entrevus, néanmoins, comme une tentative des autorités françaises de calmer la tension entre Paris et Alger au sujet du passé colonial de la France. Mais Bernard Bolet apporte une confirmation à la quête de la France de vouloir réviser son approche, en parlant de «massacres. En témoignent également la publication et la diffusion, par les médias français, de plusieurs sujets traitant de la question qui, pas si loin qu’hier, soit passée quasiment sous silence. Dans la nuit de jeudi à vendredi (c’est tard, mais il faut bien un début), France 2 a diffusé un documentaire de 52 minutes intitulé «l’autre 8 mai 1945", avec une noria de témoignages durs de personnes, en majorité des anonymes, qui avaient directement vécu l’événement. Un documentaire objectif et très instructif, puisqu’il visait à expliquer que ces massacres démontrent à quel point le colonisateur pouvait se montrer d’une barbarie sans égal.   Amine B.
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