L’Algérie financièrement à l’abri du besoin
Le rapport annuel de l’année 2005 de la Banque d’Algérie vient confirmer la bonne tenue des principaux indicateurs macro-économiques, financiers et monétaires du pays. Cette évolution vient consacrer, d’après ce rapport, un renforcement significatif de la sécurité financière du pays. L’analyse de cet exercice 2005 est résumée, d’emblée, par un constat «important renforcement des fondaments de l’économie nationale avec l’émergence de la stabilité monétaire, de la réduction de la dette extérieure ainsi qu’une forte position financière extérieure nette». Ce rapport fait état notamment d’un excédent record de la balance des paiements extérieurs évalué à 21,72 milliards de dollars. Ce renforcement de la situation financière du pays se reflète essentiellement par une augmentation substantielle des réserves de change estimées à 56,18 milliards de dollars au 31 décembre 2005 soit une hausse de 16,94 milliards de dollars par rapport à fin 2004. Ce rapport explique cet excédent par la hausse sans précédent qu’ont connue les prix du pétrole pendant cet exercice 2005 soit +42% par rapport à 2004 représentant une moyenne de 50 dollars par baril. La valeur globale des exportations d’hydrocarbures se chiffre à 45,59 milliards de dollars contre 31,55 milliards en 2004. En volume, les exportations d’hydrocarbures ont augmenté, elles aussi, de 5,7% d’une année à l’autre. Ce rapport exhaustif aborde également les exportations hors-hydrocarbures qui ne sont pas en reste. Elles ont progressé en 2005 à 790 millions de dollars contre 670 millions en 2004 et 470 millions en 2003. Ce «bond», certes appréciable, ne peut occulter néanmoins la faiblesse structurelle des exportations hors-hydrocarbures. Concernant une éventuelle convertibilité du dinar et la politique du taux de change, les rédacteurs de ce rapport de la Banque d’Algérie semblent mettre fin à une longue controverse en attachant une grande importance «à l’amélioration de la compétitivité externe de l’économie nationale». Pour la banque des banques, l’accumulation de réserves de change exceptionnellement élevée «renforce davantage la stabilité du taux de change effectif réel du dinar à son niveau d’équilibre». Mieux, pour la Banque d’Algérie, la stabilité monétaire qui a marqué l’année écoulée dénote d’une stabilité de la monnaie nationale et de la baisse du taux de liquidité (monnaie en circulation). Ce rapport se félicite également d’un «faible taux d’inflation» et du recul de la croissance de la masse monétaire. Sur ce point précis, le rapport révèle l’apparition en 2005 d’un «nouveau phénomène monétaire», du reste positif, qui fait que les revenus extérieurs nets ont dépassé l’agrégat monétaire M2 (monnaie fiduciaire, dépôts bancaires à vue, dépôts à terme en dinars et les comptes devises). Sur un autre volet, les importations ont ralenti, en 2005 n’augmentant que de 5% en volume et de 2,06 milliards de dollars en valeur pour totaliser 19,57 milliards de dollars durant l’exercice précédent, et ce, malgré l’entrée en application, en septembre, des exonérations et/ou réductions des taxes douanières prévues par l’accord d’association avec l’Union européenne. Au chapitre des sorties de capitaux, l’important excédent de la balance globale des paiements est d’autant plus remarquable que l’exercice écoulé s’est caractérisé par de nombreux transferts vers l’étranger totalisant la coquette somme de 4,74 milliards de dollars versés notamment aux différents associés de Sonatrach. Concernant la dette extérieure, celle-ci est tombée, d’après le rapport, à 16,4 milliards de dollars à fin 2005. Le remboursement anticipé de la dette publique extérieure est estimé, par ailleurs, positivement par le rapport de la Banque centrale qui considère cette décision comme «stratégique». Aujourd’hui, l’Algérie a, ainsi, les moyens d’appliquer un vieil adage, celui de payer ses dettes et de s’enrichir. Mieux que jamais!
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com