Cette année encore, le Ramadan s'invitera en plein été. Pour la troisième année consécutive, vacances et mois de jeûne s'entrechoqueront, perturbant les plans des particuliers et des professionnels du voyage. Au dilemme de la destination s'ajoute celui lié au choix de la période du break.
Nawal Imès - Alger (Le Soir) - C'est établi depuis au moins trois années : il faudra compter encore quelque temps avec le mois du jeûne pour planifier ses vacances. Plus que toutes les années précédentes, le choix de la période pose un sérieux problème.
Début juillet, fin août '
Rarement la question de la période des vacances n'aura fait autant débat entre adeptes des départs avant le Ramadan et les défenseurs d'un départ retardé à après l'Aïd. Arguments contre arguments, les deux camps défendent leurs choix. Une fois n'est pas coutume, les demandes ne se concentreront pas sur un seul et unique mois. Et pour cause, une partie des candidats aux vacances plébiscitent le mois de juillet. Ils avancent que c'est probablement la «meilleure période». Pourquoi ' Parce que, répondent-ils, il est préférable de se reposer en juillet, de partir en voyage avant d'entamer un mois de Ramadan qui s'annonce laborieux. Ils disent se contenter de 20 jours de farniente début juillet, se consacrer aux préparatifs du Ramadan, passer les premiers jours de ce mois à la maison avant de reprendre une activité professionnelle. Dans ce tableau dépeint comme idyllique, les aoûtiens trouvent des zones d'ombre. Ils balaient d'un revers de la main les arguments de ceux qui plébiscitent le mois de juillet. Contrairement à ces derniers, les adeptes de la fin du mois d'août avancent qu'il serait préférable de patienter et de ne partir en vacances qu'après le Ramadan, au-delà du 20 août. Un séjour d'une dizaine de jours, avancent-ils, est suffisant et la période est décrite comme la meilleure. Elle permettrait de «patienter» le temps du Ramadan, période d'hibernation par excellence, et de pouvoir par la suite profiter des vacances. Dans les familles, les bureaux, le débat bat son plein.
Des agences de voyages qui s'adaptent
Un débat qui intéresse au plus haut point les professionnels du voyage. A l'écoute des soubresauts qui agitent les candidats potentiels aux vacances, ils proposent des formules qui tentent de s'adapter aux attentes. Sans surprise, la «haute saison» se décline en deux périodes : le début juillet et la fin août. Les prix y sont tout naturellement plus élevés. Les voyagistes s'attendent à gérer les demandes pour ces deux périodes mais ne perdent pas espoir de convertir les Algériens aux joies des vacances en plein Ramadan. Des formules spéciales seront encore une fois proposées. C'est la Tunisie qui relance une fois de plus une offensive. Des menus spéciaux qui collent aux traditions culinaires seront proposés. Les professionnels du tourisme affirment que les restaurants seront décorés de manière traditionnelle, que les repas seront aussi variés que possible et que les restaurants resteront ouverts après le repas pour les personnes ayant encore des fringales. Durant la soirée, les boissons chaudes seront servies à volonté sans oublier le s'hour. En soirée, les hôteliers tunisiens, habitués à recevoir de la clientèle algérienne, proposeront des animations typiques du mois de jeûne comme les «bouqalate», les jeux de cartes ou de dominos. Les personnes qui préfèrent se rendre dans les mosquées auront à leur disposition des navettes pour les prières de taraouih. Cette batterie de mesures sera-t-elle suffisante pour attirer le touriste algérien ' Selon l'Office national du tourisme tunisien, les tour-opérateurs tablent sur l'arrivée de plus de 70 000 touristes algériens durant le mois de Ramadan. Des prévisions basées sur l'augmentation constante de touristes algériens en Tunisie. Durant le mois de Ramadan 2008, ils étaient 50 000 visiteurs contre 60 000 en 2009.
Les festivités et les joies de la mer pour ceux qui restent
Mais la donne a sensiblement changé en Tunisie. Les bouleversements que le pays connaît ont dissuadé beaucoup d'Algériens qui avaient l'intention de s'y rendre. Beaucoup d'annulations sont enregistrées depuis que des manifestations intégristes font la Une des journaux télévisés. Mais les voyagistes ne cèdent pas à la panique : ils considèrent le produit comme une valeur sûre et misent également sur d'autres destinations comme la Grèce, la Turquie qui visiblement attirent de plus en plus. Pour ceux qui choisissent de rester en Algérie, resteront les plaisirs de la mer qui s'accompagnent inévitablement des tracas liés aux interminables embouteillages sur les routes menant au littoral sans compter l'absence de commodités. Si tout le monde hésite, si au final, la majorité des Algériens décident de rester, la tension sera grande sur les routes à moins que des infrastructures nouvelles ne soient livrées pour soulager le calvaire des automobilistes. Les festivités du cinquantenaire offriront une halte. Les organisateurs promettent un spectacle grandiose. Avis aux amateurs de feux d'artifice. Au final, quelles que soient la période choisie, la destination, pour beaucoup, l'été s'annonce long et probablement éprouvant…
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : N I
Source : www.lesoirdalgerie.com