Alger - Revue de Presse

Rachid Harraoubia «L'université ne sera pas privatisée»



« L'université ne sera pas privatisée, aucun établissement, d'ailleurs, relevant du secteur de l'enseignement supérieur pédagogique, sociale ou de service ne sera privatisé». Telle est la mise au point faite, hier, par le ministre de l'Enseignement supérieur, Rachid Harraoubia, lors de la rencontre nationale des doyens de l'université. Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Rachid Harraoubia, a défendu, hier, avec insistance le projet de réforme de son département, et plus précisément le nouveau système d'enseignement supérieur (LMD). Le ministre s'est étalé pendant des heures sur la question, ceci en guise de réponse à «certains syndicats et certaines organisations estudiantines» qui ont tenté, à travers leurs comportements, selon les propos du ministre, «à déformer et dénaturer les objectifs nobles et les bienfaits du projet de réforme de l'université», a-t-il précisé dans son discours. Le ministre a ouvert une parenthèse pour faire une mise au point à ceux qui ont déclaré que cette réforme vise la privatisation de l'université et également à ceux qui ont critiqué, à travers des protestations et des manifestations, le système LMD. Il dira clairement que «l'université ne sera pas privatisée et qu'aucun établissement de l'enseignement supérieur ne sera privatisé». Et d'ajouter «que les dispositions de la loi régissant le secteur public excluent totalement la privatisation des établissements de l'enseignement supérieur». En ce qui concerne l'application du système LMD au sein de l'université algérienne et contrairement aux critiques des uns et des autres, le ministre a affirmé que l'application s'est faite dans de bonnes conditions. Et d'évoquer un taux de réussite de 75% de l'application de ce système, durant ces quatre années, c'est-à-dire depuis l'adoption de cette réforme. Le ministre est convaincu que le système LMD est le seul moyen qui peut garantir à nos diplômés de l'université algérienne de pénétrer le marché de l'emploi et de s'adapter au système d'enseignement à l'échelle internationale. «Ce nouveau système permettra tout simplement à nos étudiants de poursuivre leurs études sans aucun problème à travers n'importe quelle université dans le monde», a-t-il indiqué. Le ministre a, en outre, estimé qu'il faut aujourd'hui s'adapter aux nouvelles donnes de la mondialisation du savoir et de l'économie. Le ministre persiste pour dire que la réforme se porte bien et que le secteur de l'enseignement supérieur doit pour l'instant évaluer le processus durant ces quatre dernières années, et qu'il doit également relever les carences afin des trouver des formules pour y remédier et approfondir la réforme. Le ministre a invité les recteurs, directeurs et syndicats de l'enseignement supérieur à réfléchir à l'encadrement de l'enseignement du master qui sera effectif à partir de cette année et trouver des mécanismes pour assurer le passage de la licence au master et du master au doctorat. Le ministre a rappelé la nécessité de mettre à la disposition de l'enseignant tous les moyens possibles pour mener à bien cette réforme. Il a également mis l'accent sur la création dans le statut particulier de l'enseignant le statut de «tuteur», ceci pour permettre à l'enseignant d'accompagner l'étudiant au cours de sa formation. A propos du statut particulier de l'enseignant, qui n'a pas encore vu le jour, le ministre a indiqué qu'il est en cours d'élaboration et qu'il sera bientôt prêt. Il a précisé que le statut devra être soumis à une commission d'experts pour le valider avant d'atterrir au Conseil du gouvernement. Bien que le ministre ait précisé que son département et le gouvernement favoriseront la prise en charge des conditions socioprofessionnelles de l'enseignement, il a néanmoins minimisé la précarité dans laquelle vivent les enseignants et les chercheurs. «Il est vrai qu'un enseignant français est triplement mieux payé qu'un enseignant algérien, mais il faut savoir aussi que l'enseignant français paie le double, si ce n'est pas le triple, pour son loyer qu'un algérien», a-t-il expliqué. Pour ce qui est des chercheurs et la fuite des cerveaux à l'étranger, le ministre a estimé que les chercheurs vivent, aujourd'hui, avec la mondialisation du savoir. «Ils vont là où ils sont mieux payés», a-t-il dit. Par ailleurs, le président de la conférence régionale de l'ouest du pays a saisi, hier, l'occasion pour relever quelques difficultés qui peuvent surgir pour la prochaine rentrée universitaire. Il a affirmé que la moitié des places pédagogiques prévues ne seront pas délivrées à temps. «On devrait réceptionné 12.000 places pédagogiques à l'université d'Oran, mais selon des informations, l'université d'Oran ne réceptionnera que 6.000 places en septembre», a-t-il affirmé. Et d'ajouter que les villes de Saïda et de Sidi Bel-Abbès seront confrontées au même sort et ne réceptionneront que la moitié des places pédagogiques au cours de cette année.
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