Alger - A la une

Rachid Akbal. Comédien : «Bâtir des ponts avec des fils invisibles» France-actu : les autres articles



Rachid Akbal. Comédien : «Bâtir des ponts avec des fils invisibles»                                    France-actu : les autres articles
-Pourquoi est-ce si difficile de jouer régulièrement votre trilogie '
La programmation est un choix politique et parler aujourd'hui de l'Algérie, de l'immigration, c'est compliqué. Ma mère l'Algérie, c'est un conte, cela ne fait pas mal. Baba La France, par contre, ça parle de la guerre d'Algérie, et Alger Terminal 2 se positionne sur ce qui s'est passé en Algérie dans les années 1990, on ne veut pas en parler. En France, ce ne sont pas des sujets dont les théâtres se saisissent facilement pour les programmer.
-50 ans après la fin de la guerre d'Algérie, quel est le spectacle consensuel qui serait programmé sans souci '
J'ai analysé ce qui marche, sans jeter l'opprobre sur les créateurs.Dès l'instant où on va être dans la question des femmes qui sont au centre du montage, et qui dénonce l'Islam, l'archaïsme, au moment où on prendra une position critique, nette sur l'Algérie, surtout avec de l'humour, ça marchera.Je ne suis pas tendre avec notre histoire, ou avec la religion, mais je suis un laïc, bref, je m'égare, revenons au spectacle consensuel sur l'Algérie, il faut que ça parle d'amitié, fasse ressortir ce qui unit, où on sent qu'on est dans la fraternité 50 ans après.Mais moi, je dis plutôt 182 ans après si on compte les 132 ans de colonisation, c'est important de considérer cette période historique. C'est ce qu'il faudrait donner, aborder ce qu'on s'est apporté les uns les autres.
C'est ce que je dis à la fin des mes spectacles, bâtir des ponts avec des fils invisibles. Le 19 mars, je ferai une rencontre qui parle de cela.Dans l'expression de la vérité, les artistes ont un rôle.
Le choix du 19 mars n'est pas un hasard. C'est une date importante, celle qui met fin à la guerre et à la fin de 132 ans de colonisation, qui sera posée ensuite par le 5 juillet qui donnera l'indépendance à l'Algérie, mais fera de nous, les Algériens de France, des immigrés. C'est ce que raconte ma trilogie, avec Ma mère l'Algérie, puis Baba la France et enfin Alger terminal 2.
C'est la mémoire qu'on a de cet héritage qui fait que le retour est un mirage. On est en lien avec l'Algérie, un lien douloureux, c'est ce que j'avais envie de montrer.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)