
Si la tendance est à la solution politique pour tous les conflits que vivent plusieurs pays, rien ne permet d'y inclure la Libye. D'abord, parce qu'une solution politique passe nécessairement par le dialogue. Pour qu'il y ait dialogue, il faut des interlocuteurs. Or, ce n'est pas leur absence qui pose problème dans le cas de la Libye. C'est même l'inverse. Il y a trop d'interlocuteurs ou supposés comme tels. En tout point, le cas de la Libye est unique. Pas d'institutions. Pas d'Etat. Deux gouvernements. Une multitude de groupes armés disparates règnent sur des portions du territoire qu'ils se sont attribuées. Autant dire qu'il y a autant de Libye(s) que de milices. S'il fallait une image de la Libye aujourd'hui, ce serait celle du bateau, plein de voyageurs avec dans leurs bagages, un trésor. Un bateau à qui on a coupé les amarres et qui vogue au milieu de l'océan infesté de pirates, sans équipage ou plutôt avec beaucoup de «volontaires» à la barre pour un naufrage garanti. La situation en Libye ne cesse de s'aggraver depuis 2011. Après des bombardements intensifs de l'Otan qui ont duré sept mois et ne cessèrent qu'après l'assassinat de son leader Maâmar El Gueddafi, des institutions provisoires ont essayé de gérer le pays. Il y a eu le CNT (Conseil national de transition), ensuite le CGN (Congrès général national). Un Premier ministre qui, après avoir été enlevé puis relâché, est destitué avant de s'enfuir à l'étranger. Un chef de gouvernement en poste qui assiste, impuissant, à la désignation d'un autre chef de gouvernement qui se fait lui-même aussitôt canarder dans sa maison. On en est là. Ingérable, ingouvernable, la Libye tangue dangereusement avec ses fabuleuses réserves de pétrole qui attirent de plus en plus de pirates. Le dernier signe de l'aggravation de la situation vient des Etats-Unis qui ont demandé, jeudi dernier, à leurs ressortissants de quitter «immédiatement la Libye en raison de la situation imprévisible». Un navire militaire américain a été déployé par la même occasion près des côtes libyennes avec, à son bord, un millier de soldats. Jeudi dernier à Alger, et en marge de la conférence des pays non alignés s'est tenue une réunion des pays voisins de la libye. Une autre réunion qui devait les regrouper à Tunis, samedi dernier, a été «reportée à une date ultérieure» a annoncé le porte-parole de la diplomatie tunisienne, Mokhtar Chouachi. Annonce faite au moment même où le roi du Maroc effectuait une visite officielle en Tunisie. Que venait-il faire' Toujours pour mettre son grain de sel dans la région du Sahel dont son pays ne fait pas partie. Il avait essayé «d'entrer» par le Mali. Refoulé, il essaye la «porte» tunisienne. Il ne fait plus aucun doute que la Libye échappe à tout contrôle. Le sionisme international qui avait chargé Bernard-Henri Lévy de «reformater» les jeunes Libyens, semble avoir réussi dans sa sale besogne. Comme on peut le constater, les conditions pour une recherche de solution politique n'existent pas. Il ne faut pas perdre de vue non plus, que El Gueddafi n'a jamais fait de la Libye un Etat viable qui puisse fonctionner avec ses institutions. En 42 ans de règne, il a dirigé le pays de manière atypique. Lui-même n'était que le «leader» du pays. Le chaos qui règne dans ce pays menace toute la région. Les terroristes qui seront sous peu chassés de Syrie (avec l'élection présidentielle et la reprise en main de la situation par l'Etat syrien) se replieront sans aucun doute en Libye. Les pays frontaliers (Egypte, Soudan, Tchad, Niger, Tunisie, Algérie) ne peuvent pas et ne doivent pas ne pas réagir. L'Europe aussi est menacée. Elle se dit «inquiète» en oubliant avoir été la cause du problème. Ceci dit, aucun dialogue n'est envisageable au royaume des sourds. Et quand le dialogue n'est pas possible, que reste-t-il comme chemin pour atteindre la paix'...
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zouhir MEBARKI
Source : www.lexpressiondz.com