
Le plan anti-crise esquissé en décembre 2014 tablait sur les licences d'importation pour réduire la facture "importation" qui s'approchait de la barre des 60 milliards de dollars.En clair, il prévoyait d'avancer sur le sujet des licences d'importation et instaurer des systèmes de régulation du commerce extérieur. "À deux semaines de janvier 2016, on ne sait toujours pas comment ce texte réglementaire sur les licences d'importation promulgué en juillet 2015 va être appliqué, sachant que la mise en place d'un tel dispositif nécessite des adaptations organisationnelles et donc du temps. En fin de compte, à l'exception de la mesure administrative de blocage des importations de véhicules très controversée et très nocive pour l'image de l'Algérie, par des subterfuges administratifs, rien de concret n'a avancé dans ce dossier de rationalisation du commerce extérieur, l'une des mesures phare du plan de riposte à la crise financière qui affecte le pays en raison de la chute des prix du pétrole", souligne Mohammed Kessel spécialiste en finances et commerce extérieur.Selon lui, il convient d'arrêter de gérer par des mesures administratives mais plutôt d'aller vers des instruments de régulation.Par exemple, réviser le dispositif fiscal pour tout ce qui est revente en l'état, imposer aux banques de ne pas financer les crédits d'exploitation des sociétés spécialisées dans la revente en l'état et qui enregistre des déficits financiers couplés à des croissances du chiffre d'affaires, taxer les produits de luxe importés.Il s'agit autrement dit d'utiliser le levier fiscal. "Pour les sociétés activant dans la revente en l'état, il convient de les obliger en particulier à payer à l'avance la TVA à l'entrée en territoire des marchandises, ce qui va naturellement les obliger à facturer pour pouvoir récupérer la TVA payée et réduire la capacité de sur-stocker les marchandises et d'importer de manière rationnelle et qu'au besoin. Il s'agit aussi de contraindre les banques par une instruction de la Banque centrale à limiter leurs engagements à une fois les fonds propres sur l'ensemble des lignes d'exploitation crédoc et lignes locales pour les sociétés d'importation à l'exclusion des entreprises de production. En d'autres termes, il faut savoir qu'une banque a le droit de s'engager par contrepartie sur un client à hauteur de 25 % de ses fonds propres. Les engagements (par signature et par caisse) consentis dans le le cadre de l'importation en revente en l'état devraient être limités à 10% des fonds propres d'une banque par contrepartie et exclure les producteurs de la règle d'une fois les fonds propres de la Banque centrale. Car cette mesure est plus pénalisante pour les producteurs que pour les revendeurs en l'état", suggère Mohamed Kessel.Par ailleurs, pour véritablement réduire les importations en ces temps de crise, il convient de mettre en ?uvre la loi sur la normalisation, en particulier obliger les importateurs à certifier la qualité des produits introduits en Algérie via des organismes de certification locaux et étrangers.Concernant ces derniers, l'Etat ne devrait autoriser que ceux qui ont des filiales de certification présentes en Algérie. À noter que les pouvoirs publics ont annoncé la révision de la loi sur la normalisation. Un point positif. Encore faut-il bien définir et cibler son champ et ses modalités d'application de manière à optimiser l'efficacité de telles mesures et à prévenir tout impact bureaucratique.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Remouche Khaled
Source : www.liberte-algerie.com