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"Quand les hauts responsables ne donnent pas le la"



Une année après l'annonce d'un plan anti-crise, le constat n'est pas rose. Il n' y a pas eu jusqu'ici de mesures symboliques de diminution des salaires des hauts responsables (chef de l'Etat, Premier ministre, ministres) et des députés. L'exemple n'est pas donné au plus haut niveau de l'Etat. Cette absence de telles mesures donne l'impression à l'opinion publique que seuls les simples citoyens devront serrer la ceinture en ces temps de crise. Cette conviction étant ancrée chez la masse des Algériens, il sera difficile de les convaincre à adhérer à des mesures impopulaires en ces temps de vaches maigres.Contacté, Abdelaziz Rahabi, ancien diplomate et ancien ministre de l'Information abonde dans le même sens : "Quand il y a rupture de confiance entre l'administré et l'Etat, le citoyen ne peut adhérer à des mesures impopulaires. Aujourd'hui, on demande aux plus fragiles ( aux simples citoyens) de supporter la charge de la crise".L'absence de telles mesures reflète une situation inquiétante. "Cela signifie que le gouvernement n'a pris la véritable mesure de la crise qui attend les Algériens", souligne Abdelaziz Rahabi.Mais au-delà de la portée symbolique de telles décisions, le problème de fond qui se pose en Algérie est celui du contrôle de la dépense publique, pointe du doigt l'ancien ministre de l'Information.Le décor est planté. "Il ya une volonté politique de rationaliser la dépense publique. Elle est exprimée. Mais il y a le discours et les actes. Les institutions qui sont chargées de veiller au contrôle de la dépense publique comme la Cour des comptes sont inopérantes, du moins elles ne publient pas de rapports annuels. L'Inspection générale des finances, l'un des outils de contrôle de la dépense publique, elle non plus, ne publie pas ses conclusions. Le Parlement est censé contrôler la dépense engagée par le gouvernement, lui non plus ne publie pas de rapports. Comment avoir alors une idée objective sur l'état de la dépense publique! On n'est pas informés. On ne sait pas ce que font ces institutions de contrôle. Le critère de transparence est absent. Qui contrôle la régularité, la conformité et l'exactitude des comptes de l'Etat ' C'est la Cour des comptes, l'IGF, le Parlement.»En d'autres termes, ces institutions de contrôle ne jouent pas leur rôle, du moins le contribuable n'est pas informé sur leurs activités de contrôle de la dépense publique, laisse-t-il entendre.Le comportement de l'Etat va également à l'opposé de l'objectif de rationalisation des dépenses publique : "Savez-vous que l'Assemblée nationale et le Parlement réunis en Algérie ont 30 fois plus de véhicules que la chancellerie allemande ' Ils ont plus de véhicules que les services du Chef du gouvernement espagnol, que le Congrès américain, le Bundestag réuni (les deux chambres du Parlement allemand). Le Parlement espagnol n'a quasiment pas de véhicules. Le service taxis fonctionne à proximité des sièges des deux chambres du Parlement espagnol. Le portail du gouvernement espagnol donne par souci de transparence les salaires des hauts responsables et les moyens matériels mis à leur disposition". Enfin, Abdelaziz Rahabi insiste sur le rapport qui devrait présider entre l'Etat et le citoyen: "Si l'Etat veut être cru, veut être suivi, veut être crédible, il doit donner l'exemple en rationalisant ses dépenses, en les soumettant au contrôle populaire (le Parlement) et à celui des institutions chargées de cette mission : Cour des comptes et IGF", conclut-il.


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