
En deçà des attentesUn an après la réunion ministérielle présidée par le chef de l'Etat à l'issue de laquelle a été arrêtée l'esquisse d'un plan anti-crise destiné à riposter au choc né de la chute importante des cours du pétrole, les décisions les plus hardies n'ont pas été encore prises. Qu'il s'agisse de la rationalisation des dépenses publiques et du train de vie de l'Etat, de la réduction de la facture des importations, du renforcement de l'appareil de production, les décisions sont en deçà des attentes, donnant cette impression que l'Exécutif est loin d'être un gouvernement de crise.Alors que les premières mesures douloureuses sont annoncées en 2016, quasiment rien n'a changé fondamentalement en termes de gouvernance, d'amélioration du climat des affaires, de restructurations sectorielles. Tout laisse croire que ce sont les simples citoyens qui seront les plus touchés par les effets de cette crise. En effet, la dévaluation du dinar qui sera plus importante en 2016 et les augmentations des prix des carburants, de l'électricité et du gaz prévus par la loi de finances 2016 vont sans doute affecter le pouvoir d'achat de la majorité de la population.Cette situation n'augure rien de bon en termes de préservation de la paix sociale. D'autant que le gouvernement rechigne à cibler les niches fiscales pour atténuer les effets de la crise sur le budget de l'Etat : immobilier, import-import, impôts sur la fortune et les signes extérieurs de richesse. Il rechigne également à lutter contre la fuite illicite des capitaux via particulièrement la chasse aux surfacturations, ainsi que contre l'informel et la corruption.Les mesures pour drainer les capitaux de l'étranger restent timides. Tout comme le chantier salutaire de renforcement de la production. Plusieurs experts y décèlent un manque de véritable stratégie et de vision.Mais l'un des traits les plus graves de cette période de crise est le déficit de confiance qui coûte très cher à l'économie nationale. Tant que règnera cette défiance de la population et d'une partie des entrepreneurs à l'égard des décideurs, on ne peut parier un dinar sur une réussite de la résistance aux effets négatifs de la crise financière qui affecte l'Algérie.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Remouche Khaled
Source : www.liberte-algerie.com