Etre propriétaire d'un fast-food, d'une gargote ou d'une pizzeria est devenu très en vogue. Mais souvent dans leur course, ces nouveaux « marchands de nourriture » omettent les règles les plus élémentaires de l'hygiène sanitaire. Même si les textes de loi concernant la protection du consommateur contre les dangers d'une nourriture préparée dans des conditions peu favorables, existent, leur application sur le terrain pose problème. Une petite visite dans certaines échoppes confirme ce constat. Manque flagrant d'hygiène des locaux et/ou du personnel, origines douteuses des viandes rouges et blanches, manque de protection des denrées alimentaires et bien d'autres carences sont à relever.
Une décoration externe bien agencée et colorée attire souvent les travailleurs pressés, les étudiants et les passagers à venir calmer leur faim en ces lieux, mais une fois à l'intérieur de l'établissement, le client est souvent surpris par un décor tout en contraste avec les belles affiches exposées à l'extérieur. Des fois, il doit même faire face à un propriétaire et un personnel avec des tenues de travail ou des tabliers aussi sales que l'établissement lui-même.
Mais ce qui incite plus à la révolte est que le client, en dépit de l'absence d'hygiène, consomme de ces produits au moins cinq jours par semaine. « Nous n'avons pas le choix. Souvent, on habite bien loin de nos lieux de travail, donc nous sommes obligés de consommer des sandwichs pour le déjeuner », explique Farid, résidant à Boumerdès. Fatima partage son avis. Mère de famille, elle déclare qu'elle est « trop débordée pour préparer son déjeuner à la maison. Généralement, je n'ai pas le temps de me préparer quelque chose avant d'aller au travail. Entre les tâches ménagères et les enfants, je sors souvent en catastrophe. Ce qui fait que j'opte pour un sandwich à midi », témoigne-t-elle. Certaines personnes sont même conscientes de l'impact de ces aliments sur leur santé, mais passent outre ce risque pour « gagner du temps et éviter de trimballer des boites de nourriture dans les bus et les taxis ».
Selon le Dr Bengounia, du CHU Mustapha-Pacha à Alger, le consommateur risque « des intoxications et des infections alimentaires. Les problèmes digestifs sont les plus à relever lors d'une prise exagérée de ces aliments », explique-t-il. Néanmoins, il précise que l'impact sur la santé humaine peut être plus grave. « Des fois, même des répercussions sur le système neurologique et ORL sont à déplorer », soutient-il.
UN COMMERCE QUI RAPPORTE BEAUCOUP
Il faut dire aussi que c'est un business qui marche bien et rapporte beaucoup d'argent. « Vous avez un peu d'argent ' Ouvrez un fast-food, vous allez devenir riche », vous diront les « néo-experts » de la restauration en Algérie. Et ce ne sont pas les témoignages qui les contredissent.
Lamine raconte que c'est le chômage qui l'a poussé vers ce métier. « Je ne supportais plus les commentaires déplaisants de mon entourage. Je me suis fait un peu d'argent dans des petits boulots. Et c'est ainsi que je suis devenu propriétaire d'une pizzeria », affirme-t-il. Concernant ses recettes, il dit, avec une certaine malice, que « les affaires marchent bien. Très bien même ». Sabrina, une femme qui a aussi investi dans la restauration rapide, soutient que son bénéfice dépasse parfois les 100.000 dinars/ jour. Elle explique un tel gain par « l'emplacement stratégique de son local ». « Mon établissement se trouve à quelques mètres de l'université.
A l'heure du déjeuner, ils sont des centaines d'étudiants qui affluent vers mon établissement », dit-elle entre deux clients. Un spécialiste en alimentation explique, dans ce sens, que le changement d'habitudes alimentaires du citoyen algérien a contribué à l'émergence de ces établissements. « Les habitudes du consommateur algérien sont calquées sur le modèle occidental.
Aujourd'hui, rares sont ceux qui prennent le déjeuner à la maison et, à midi, ils préfèrent manger légèrement. Ainsi, pour satisfaire le consommateur, des dizaines de fast-foods, de gargotes et de pizzerias ouvrent leurs portes chaque jour. Le consommateur algérien a désormais le choix entre plusieurs genres de cuisine rapide, allant des hamburgers qui nous viennent d'occident à la chawarma d'orient en passant par les pizzas italiennes », précise-t-il.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Rym Boukhalfa
Source : www.horizons-dz.com