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Quand la CNCD voulait chasser le pouvoir...



Quand la CNCD voulait chasser le pouvoir...
Le début de l'année 2011 a été marqué par de violentes manifestations de jeunes dans les rues d'Alger et d'autres grandes villes. Ces émeutes, menées par des jeunes de quartiers populaires, avaient provoqué la mort de 5 personnes. Elles étaient officiellement provoquées par une soudaine augmentation des prix du sucre et de l'huile. Mais la concomitance avec les manifestations politiques dans certains pays de la région n'était pas loin. La répression qui a suivi a poussé certaines formations politiques, notamment le Rassemblement pour la culture et la démocratie, et d'anciens responsables du MDS, aidés par la Ligue algérienne pour la Défense des droits de l'Homme (LADDH) et de dizaines d'associations, à créer la CNCD (Coordination nationale pour le changement démocratique). L'une des premières actions de la CNCD a été de tenter d'organiser des manifestations publiques dans la capitale et les grandes villes du pays. Plusieurs autres comités ont été créés dans d'autres cités algériennes, notamment à Oran et Annaba. C'est ainsi que sont nées les fameuses «marches du samedi». Pendant plus d'un mois, en effet, la CNCD organisait des marches chaque samedi, notamment à Alger. Au début, les manifestations, auxquelles assistaient les dirigeants des organisations présentes et quelques dizaines de citoyens, se déroulaient sur la place du 1er-Mai. Vite, des jeunes des quartiers environnants venaient souvent perturber la marche. Pis, des propos parfois régionalistes fusaient. «Rentrez chez vous !», disait-on. Les organisateurs changeaient constamment d'endroits, allant tantôt à la place des Martyrs, tantôt à El-Madania. Les manifestants, eux, criaient : «Pouvoir, dégage !».Du haut de ses 90 ans, maître Ali-Yahia Abdennour, président d'honneur et fondateur de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme, était la coqueluche de ces manifestations hebdomadaires. Malgré le retrait des dirigeants de la LADDH, à leur tête Mustapha Bouchachi, le vieux militant des droits de l'Homme est devenu le porte-parole de ces manifestants qui ne voulaient pas se résigner. Faute de mobilisation, les organisateurs avaient fini par mettre fin à leur mouvement de protestation.
A. B.
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