Des départements montrés du doigt
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En l’espace de quelques semaines, deux éminents hommes politiques, Mouloud Hamrouche et Ahmed Benbitour, tous deux anciens premiers ministres, ont tiré la sonnette d’alarme.
Selon eux, l’Algérie n’a pas pour l’instant les capacités suffisantes pour absorber la masse d’investissements publics qu’elle a mis en jeu pour lancer son deuxième plan de soutien à la croissance économique. Même si les deux hommes n’empruntent pas les mêmes chemins, leurs constats de la situation actuelle du pays se rejoignent et se complètent. Les énormes capitaux mis en jeu (plus de 100 milliards de dollars) iront atterrir dans les banques étrangères aux lieu et place des banques algériennes. L’économie algérienne qui continue de subir les effets de sa mise à niveau ne possède pas encore les outils de production nécessaires pour faire face aux immenses projets lancés depuis exactement six ans. En effet, rares sont les entreprises algériennes qui peuvent rivaliser avec leurs concurrents étrangers qui ont pratiquement raflé tous les marchés publics.
Le secteur de l’industrie, par exemple, n’arrive pas à rattraper le retard enregistré depuis que celui-ci a été déstructuré à la fin des années 90. Le système bancaire et financier algérien, à la traîne comparativement aux voisins tunisien et marocain, a du mal à relever la tête malgré les promesses de foi entendues ça et là. L’ambitieux programme de construction de un million de logements lancé par le gouvernement risque de connaître une grosse désillusion si la politique suivie jusque-là n’est pas corrigée.
Idem pour la construction de barrages hydrauliques ou le secteur des travaux publics qui accusent d’énormes retards de livraison. Le report inexpliqué du Conseil des ministres prévu samedi dernier serait même dû, selon certaines sources, à la grosse colère qu’aurait piquée le Président Bouteflika à l’encontre de trois ministres, Sellal, Hamimid et Khelil. Ces trois membres du gouvernement, ajoute-t-on, auraient caché au président Bouteflika des informations fiables qui auraient dû faire avancer les choses. Le président Bouteflika, qui s’est remis aussitôt au travail en compagnie de ses plus proches conseillers, n’aurait pas ainsi apprécié la façon avec laquelle ces trois ministres ont présenté leurs objectifs. D’ailleurs, ces trois départements sont aujourd’hui sous le contrôle d’une commission d’enquête qui aura à statuer sur la véracité des faits avancés mais aussi et surtout enquêter sur la passation de certains marchés qui auraient fortement déplu au président Bouteflika. Et rien ne dit que le Président ne serait pas tenté de passer à l’action et de sévir immédiatement d’une manière impitoyable à l’encontre de ces trois commis de l’Etat. Ces trois personnages clés du gouvernement faisaient partie pourtant de son entourage le plus proche et bénéficiaient d’une confiance aveugle de la part du chef de l’Etat. Le prochain Conseil des ministres prévu normalement cette semaine devrait marquer une ligne rouge à ces trois commis de l’Etat. L’intervention du président Bouteflika lors de ce Conseil des ministres est attendue impatiemment par certains observateurs en ce sens qu’elle donnera les indications utiles aux futures orientations politiques: la prorogation du délai de la charte pour la paix et la réconciliation nationale, le remaniement ministériel et enfin le nouveau plan industriel en gestation.
Hocine Adryen
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com