Un garçon de 8 ans fauché par un train à Es-Sénia
Au-delà de l’accident ferroviaire qui vient d’endeuiller, une nouvelle fois, une famille, en lui ravissant un garçonnet de 8 ans, la veille de la rentrée scolaire, c’est toute la problématique de la sécurité au niveau des passages à niveau qui est (re)posée.
L’enfant jouait en compa-gnie de sa sœur, sensi- blement du même âge que lui et le drame a eu lieu à une cinquantaine de mètres du passage à niveau qui traverse la sortie nord de la ville d’Es Sénia et qui mène vers la zone industrielle en direction de Petit-Lac. Le passage est surveillé en permanence avec gardien et barrières commandées à distance. Ce qui exclurait, de prime abord, la responsabilité des chemins de fer. Paradoxalement, c’est là que le bât blesse car c’est à proximité de la baraque du gardien que le tragique accident a eu lieu. Tout occupé à jeter des pierres, le malheureux garçon semble ne pas avoir entendu le train qui rentrait en gare (d’Es Sénia). La machine le percuta de plein fouet à la tête, sous le regard horrifié de sa jeune sœur, dispersant le contenu de sa boîte crânienne. Intervenant sur les ondes de la radio nationale, il y a quelque temps sur le thème de la sécurité ferroviaire, un responsable des chemins de fer faisait le triste constat qu’il existait encore, à travers le pays, un nombre relativement élevé de passages à niveau sans surveillance et d’autres censés être automatiques, mais qui continuaient encore à faire des victimes. Dans le cas précis du drame d’Es Sénia, peut-on imputer (moralement) la responsabilité à la SNCF? Si oui, dans quelles formes?
A Es Sénia, il existe trois passages. Le premier est celui qui vient d’être le théâtre de l’accident de jeudi, le second traverse la sortie est de la même ville en direction d’Alger et le troisième se trouve à hauteur de l’hippodrome, juste après l’université en allant vers l’aéroport. La voie ferrée se trouve, pratiquement, en tissu semi urbain dans la mesure où des habitations sont érigées dans les environs. Ce qui est blâmable, ce n’est pas tant le fait qu’un accident ferroviaire ait eu lieu, car on ne peut surveiller la voie sur toute sa longueur. Mais l’heure à laquelle il a eu lieu: 12 heures 50, c’est-à-dire un moment où les enfants sont censés être à table ou tout au moins à l’abri des grosses chaleurs qui sévissent en cette fin d’été caniculaire. «Un filet de protection n’aurait, cependant, pas été de trop, même si les garnements qui passent leur temps là où il ne faut pas, n’auraient pas raté l’occasion de le saccager ou de l’arracher», fait remarquer un habitant d’Es-Sénia.
Mohamed Amine Benadda
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Posté par : sofiane
Source : www.voix-oranie.com