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PROCÈS DE L'ASSASSINAT DE L'EX- DGSN



PROCÈS DE L'ASSASSINAT DE L'EX- DGSN
«Vous êtes un hors-la-loi. Vous avez tué feu Ali Tounsi». Le président du tribunal criminel près la cour d'Alger qui statuait dans le procès de l'affaire de l'assassinat de l'ex-directeur général de la DGSN emballe l'audience. Le mis en cause, le colonel Chouaà'b Oultache réplique : «Je suis respectueux de la loi. J'ai blessé Ali Tounsi et eux l'ont achevé ». Le procès passe à la vitesse supérieure dans une salle très exiguë en la circonstance.Abder Bettache - Alger (le Soir) - C'est sous haute escorte policière, marquée notamment par la présence des éléments d'élite de la Sûreté nationale (BRI), que s'est ouvert hier dans la matinée au niveau de la cour d'Alger, le procès de l'affaire de l'assassinat de l'ex-directeur général de la Sûreté nationale. La grande salle où se tenait le procès s'est avérée trop exiguë pour contenir l'assistance nombreuse venue suivre le déroulement du procès. Un procès qui s'est emballé dès le début de l'audition du principal et seul mis en cause dans cette affaire, l'ex-colonel et ex-commissaire divisionnaire Chouaà'b Oultache.Mais avant l'entame de l'audition de l'accusé, le tribunal criminel présidé en la circonstance par le juge Omar Belkharchi a entamé la lecture de l'arrêt de renvoi qui a duré plus de deux heures. Un arrêt reflétant les conclusions de la Chambre d'accusation qui a conclu à l'idée de l'inculpation de Chouaà'b Oultache pour les chefs d'inculpation «d'homicide volontaire avec préméditation et port d'arme sans autorisation».«Je n'ai pas tué Ali Tounsi»Le début de l'audition du mis en cause entamé en début d'après-midi a été marqué dés le début par des altercations verbales d'une part entre les avocats de la défense et le président du tribunal, et d'autre part, entre ce dernier et Chouaà'b Oultache. La première question posée par M. Belkharchi à l'adresse de l'accusé, en lui reprochant d'être «un hors la loi» a soulevé à la fois la colère de la défense et de l'accusé. «Je ne suis pas un hors-la-loi. Je suis respectueux de cette loi», lui rétorque le mis en cause qui ajoute : «Pourquoi tuerai-je Ali Tounsi ' Moi je l'ai blessé et les autres l'ont achevé. Il n' y a rien entre lui et moi pour le tuer. J'ai tiré quatre balles en sa direction qui l'ont touché au niveau de son bras gauche».Des propos qui n'ont guère convaincu le juge qui monte au créneau et pointe un doigt accusateur: «Pourquoi tu as voulu le tuer, lui qui t'a promu au plus haut grade de la Sûreté nationale et qui t'a donné des responsabilités importantes '» «Je le répète pour la énième fois. Je n'ai pas tué Ali Tounsi. C'est eux qui l'ont tué et ont monté tout le dossier contre moi avec la complicité du juge instructeur».Le président du tribunal s'énerve et s'emporte : «Vous êtes le tueur de Ali Tounsi». Clash ! La défense de l'accusé intervient.Me Belarif dans une vive réaction interpelle le président du tribunal criminel, en lui rappelant son rôle d'arbitre dans le procès et non une partie. «Vous êtes en train de faillir à votre mission de juge d'audience et vous n'avez pas le droit de le faire», s'est exclamé l'avocat.«Ceux qui ont tué Tounsi sont ceux qui ont un problème avec lui»L'audition du mis en cause se poursuit depuis plus d'une heure. Le juge Belkharchi veut coûte que coûte arracher au mis en cause l'aveu de l'assassinat d'Ali Tounsi. «Pourquoi le tuer ' Si je voulais le faire, je l'aurais fait ailleurs pas dans son bureau. Non, je ne l'ai pas tué. C'est eux qui l'ont tué.» Le juge poursuit son audition et demande à l'accusé de citer ces personnes qui ont tué Ali Tounsi. «Ils sont connus et ce n'est pas à moi de les citer», renchérit Oultache. Le juge Belkharchi demande à son interlocuteur l'origine de l'arme de «l'assassinat» et pourquoi ne dispose-t-il pas d'une autorisation.«J'avais le grade de commissaire divisionnaire et donc je n'étais pas dans l'obligation de disposer d'une autorisation de port d'arme. C'est une pratique courante au niveau de la DGSN. Il rappelle au juge Belkharchi que l'arme en question est de fabrication américaine, un colt Smith et Wesson que j'ai acheté aux USA lors d'une mission que j'ai effectuée en 1991 à l'époque où j'étais à l'ANP». Et d'enchaîner : «Depuis sept années, je n'ai cessé de penser à mon acte. Je regrette d'avoir brandi mon arme à son encontre, ce qui a donné l'occasion à ceux qui ont des problèmes avec lui de le tuer. Je le répète encore une fois devant vous et devant l'assistance que ceux qui ont tué Tounsi sont ceux qui ont un problème avec lui».Le juge relance le débat autrement et lui demande : «pourquoi vous avez tiré sur lui '» «Je suis rentré dans son bureau pour lui demander de reporter la réunion prévue ce jour. Il a refusé, tout en proférant des mots graves. Je l'ai traité moi aussi de fils de harki et là il a pris un trousseau dans lequel se trouvait un coupe-papier pour me poignarder. Etant en légitime défense, j'ai brandi mon arme et j'ai tiré en sa direction mais pas pour le tuer. Je l'ai touché au niveau du bras gauche». Le procès se poursuit toujours et risque de durer tard dans la nuit. L'audition des témoins est attendue pour ce lundi. Il est à rappeler que selon l'arrêt de renvoi composé de 73 pages, le colonel Chouaà'b Oultache avait déclaré au juge d'instruction que «l'assassinat de Ali Tounsi n'a aucun lien avec les transactions de modernisation de la DGSN», ajoutant qu'il «n'avait pas l'intention de tuer M. Tounsi». Selon la même source, après avoir commis son forfait, Oultache a appelé le secrétaire lui demandant «de faire venir l'ancien chef de la Sûreté de la wilaya d'Alger Abdelmoumène Abd Rabou et Dhimi Youcef le directeur de cabinet de la victime».
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