La réforme financière et bancaire va aborder une nouvelle phase. Après la mise en place du cadre macro-économique, le processus va désormais agir directement sur les banques et les compagnies d'assurance. Aussi bien la politique du crédit que la gouvernance et le secteur bancaire public passeront par les rouages de ce mécanisme et subiront, progressivement, des transformations. C'est, en résumé, les éclaircissements sur les prochaines stations du train de la réforme financière et bancaire - mis en branle il y a quelques années - apportés par la ministre déléguée à la Réforme financière, Mme Fatiha Mentouri, dans un entretien à l'APS. Selon la ministre, l'évaluation du risque crédit sera l'un des principaux axes de cette nouvelle phase. Il s'agit, explique-t-elle, de rendre les banques publiques «plus performantes dans la gestion du risque, du suivi de leurs engagements et de l'audit interne». «La banque doit parvenir, ajoute-t-elle, à définir une politique de gestion du crédit et des procédures claires et transparentes pour mieux mesurer et gérer le risque», qui prévoient même une notation de la clientèle, selon Mme Mentouri. Sur ce point, elle fait remarquer que la situation actuelle se caractérise par une sur-liquidité, devenue structurelle, qui fait que les banques non seulement «n'ont pas d'effort à fournir pour collecter l'épargne, donc pour améliorer la qualité des services, mais deviennent moins exigeantes en termes d'allocation des crédits». «Ce qui a généré, en conséquence, des créances non performantes. D'autant plus que, et là c'est un élément nouveau, plus de 53% des crédits sont destinés au secteur privé», constate-t-elle. Raison pour laquelle l'Algérie fera recours à une assistance technique étrangère qui sera chargée de mettre en place un système de suivi des engagements des banques, d'analyse et d'évaluation du risque et de renforcer les procédures pour un recouvrement accéléré des créances, fait savoir encore la ministre. Le deuxième pôle de ce nouveau stade de réforme bancaire consistera à renforcer les systèmes d'information pour améliorer la gestion des risques, le contrôle interne et le suivi des performances des cadres. Selon Mme Mentouri, il vise essentiellement à élargir les systèmes de paiement de masse à tous les compartiments de la banque (crédit, commerce extérieur...), la segmentation de la clientèle et la mise en conformité aux exigences de la supervision du contrôle bancaire. Par ailleurs, la réforme financière au niveau micro-économique prévoit aussi l'amélioration de la gouvernance des établissements bancaires publics. Il est ainsi proposé non seulement d'évaluer les contrats de performance actuels mais aussi d'en élaborer de nouveaux basés sur des objectifs quantifiés, signale Mme Mentouri. Elle ajoute que l'amélioration de la gouvernance passera aussi par la modification de la composition des conseils d'administration des banques publiques dans le sens d'un «plus grand professionnalisme». La ministre révèlera que deux autres propositions relatives à la reconfiguration du secteur bancaire ont été examinées par le Conseil du gouvernement qui a différé leur mise en oeuvre. La première proposition porte sur la constitution d'un pôle bancaire public fort afin de permettre au secteur bancaire public de faire face à la concurrence, et ce en le modernisant et en lui donnant la surface financière adéquate. La seconde proposition concerne la mise en place d'entités nouvelles par la création ou la transformation d'une entité existante d'une Banque d'investissement. Les missions de cette banque seraient de financer l'investissement à travers l'octroi de crédits à moyen et long termes et la prise de participation au capital des entreprises en vue de leur redressement et, le cas échéant, de leur préparation à l'entrée en Bourse. L'autre mission de cette banque consisterait aussi à apporter des services de conseil et d'ingénierie financière aux entreprises. Le capital de cette banque serait à capitaux mixtes et ouvert à la participation d'institutions spécialisées. Le plan des réformes financières prévoit également le développement et la sécurisation totale du système de paiement de masse, la généralisation du chèque sécurisé et l'intégration des autres moyens de paiement pour arriver à fin 2009 à un volume de 9 millions de cartes de paiement électronique, 3.500 terminaux de paiement électronique (TPE) et la multiplication des DAB et GAB. Quant au développement du marché hypothécaire où le crédit immobilier représente actuellement un peu plus de 1% du PIB, l'objectif est d'atteindre 4% à fin 2009, promet Mme Mentouri. A propos de la privatisation, la ministre a indiqué que le dossier de la BDL devra être soumis très prochainement au CPE. L'ouverture de son capital a été limitée à 30% avec cession du management au repreneur de cette banque. Interrogée sur le CPA, Mme Mentouri a indiqué qu'une fois les comptes des banques préqualifiées seront publiés, «nous aurons une idée précise sur l'impact de la crise des subprimes sur la situation financière de ces banques et sur leur stratégie de développement en Algérie». A partir de là, ajoute-t-elle, «nous déterminerons une nouvelle démarche». La ministre ajoute, néanmoins, que si les autorités financières algériennes décident avant juillet 2008 de relancer la privatisation du CPA, le processus sera repris au stade où il s'était arrêté en novembre 2007. Mais au cas où la décision de relancer la privatisation serait prise après juillet prochain, le processus de privatisation sera alors repris depuis le début.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Houari Saaïdia
Source : www.lequotidien-oran.com