Alger - Revue de Presse

Pression étasunienne



La presse algérienne a l'habitude de « sonder » la positionétasunienne sur le Sahara Occidental en décodant « entre les lignes » lesdéclarations ambiguës des officiels américains. Elle devrait cesser de lefaire. Mercredi, l'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Jackie Wolcott Sanders,a levé toutes les équivoques en prenant l'initiative d'une déclaration soutenantfranchement le plan marocain sur l'autonomie, qualifié de « cadre réaliste pourengager des négociations ». La représentante des Etats-Unis a même affirméqu'un référendum sur le projet d'autonomie respecte le principed'autodétermination de la population sahraouie. C'est une assertionjuridiquement intenable.Elle signifie tout simplement que Washington a décidé depasser à la pression sur les Sahraouis et sur l'Algérie. La déclaration de MmeSanders intervient en effet après une réunion du Conseil de sécurité qui aentendu le rapport de Peter van Walsum, envoyé personnel du SG de l'ONU.Celui-ci a déclaré que le Conseil de sécurité avait pris note des « deuxprojets », le marocain et le sahraoui, et que tous les deux étaient sur latable de négociation à Manhasset.  Même si elle lenie, la déclaration de Jackie Sanders s'explique justement par le fait que leConseil de sécurité a refusé de faire en sorte que le plan marocain soit laseule base de négociation aux pourparlers entre le Maroc et le Polisario àManhasset. La déclaration de la diplomate US est une pression sur lanégociation, une volonté de la cadrer dans un seul sens.Le soutien étasunien au Maroc n'a rien de surprenant. Lanouveauté est que l'Administration américaine a cessé de tenir des déclarationsambiguës. Washington est sur la même ligne que Paris et Madrid. Difficile de nepas voir dans cette nouvelle franchise américaine le signe d'une « irritation »grandissante à l'égard d'une Algérie rétive à l'égard du projet de l'Africom(Centre de commandement militaire américain pour l'Afrique) et sans douted'autres dossiers. Cela confirme, au-delà des discours officiels, que lerefroidissement des rapports avec Washington est réel et sérieux.Mais, au-delà, on peut constater que depuis le retournement- les Sahraouis parlent de « trahison » - de Zapatero, il existe désormais unealliance occidentale décidée à empêcher que les Sahraouis se prononcentlibrement pour l'indépendance de leur pays ou son rattachement au Maroc. Cebloc occidental veut habiller cette remise en cause ouverte du droit del'autodétermination, de l'aval de l'ONU. Cet aval onusien ne va pas de soi, cequi explique que l'on passe aux pressions sur les Sahraouis en vue de leurimposer l'autonomie comme seule option.Les Américains contournent déjà la résolution 1754 duConseil de sécurité, à l'origine de la reprise des négociations entre le Marocet le Polisario. Cette résolution stipulait que le Conseil « n'imposerait pasune solution à la question du Sahara Occidental mais qu'il tenait à aider lesparties à trouver une solution politique mutuellement acceptable quipermettrait d'assurer l'autodétermination du peuple du Sahara Occidental ». Al'évidence, les Etats-Unis ne sont pas dans cette logique.
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