Alger - Revue de Presse

Première leçon à tirer des élections de jeudi



La tendance nationaliste consacrée Les élections locales de jeudi sont porteuses d’enseignements édifiants quant aux variations qui travaillent l’opinion... D’abord et à l’inverse des prévisions pessimistes annonçant une plus grande abstention que celle du 17 mai, il y a lieu de relever un sursaut de la participation qui se situe à 44%, ce qui est un pourcentage somme toute «appréciable» pour abonder dans le sens de Yazid Zerhouni pour qui un tel niveau de participation est de nature à donner plus de crédibilité aux instances locales élues. Mais plus que cet enseignement majeur, c’est de constater à travers les résultats exprimés un recentrage du pouvoir en faveur du courant nationaliste. En effet, ce sont les trois formations idéologiquement ancrées dans cette matrice qui viennent en tête, à savoir le FLN avec 4.201 sièges, le RND avec 3.426 et le FNA avec 1.578. Cela représente la majorité absolue. La question qui s’impose à la lumière de cette redistribution des cartes est de savoir pourquoi la majorité des Algériens a préféré faire confiance aux porteurs du projet nationaliste? Il appartient aux chercheurs et politologues d’identifier les ressorts d’une telle tendance lourde. Cependant, il est permis d’ores et déjà de conjecturer que le retour de l’opinion vers le centre nationaliste, comme incarnation de la modération de la sécurité, est à lier avec la crise politique et institutionnelle que le pays a vécue pendant les années quatre-vingt-dix, crise imputable à l’émergence des extrêmes, à savoir le courant islamiste et le courant laïc. Au lendemain de la crise d’octobre 88, qui a consacré définitivement la mort du parti unique, et donc de son vecteur institutionnel, le FLN, les formations comme le FIS, En-nahda et le MSP du côté islamiste et le RCD, le FFS, le MDS et l’ANR, du côté républicain, se sont imposées sur la scène comme alternative au système du parti unique. Mais au lieu d’être les porteurs de la pluralité des opinions dans la société, longtemps corsetée dans le moule de la pensée unique, avec une expression pacifique des contradictions, dans le cadre d’un débat démocratique, ces formations ont fondé leur action sur le terrain sur la confrontation. Résultats des courses, le pays a sombré dans la crise politique doublée d’une crise sécuritaire avec pas moins de 200.000 morts et des dizaines de dollars de dommages matériels, sans compter les traumatismes psychologiques. Cette facture qu’on impute à un pluralisme dévoyé fait des partis islamistes et démocrates des synonymes d’échec et de violence. Conséquence de ce glissement de l’opinion: le MSP, qui était lors de la dernière consultation électorale en 3ème position, est supplanté sur le podium par la formation de Moussa Touati avec 1.578 sièges, tandis que les formations islamistes, c’est-à-dire le MSP, le MRN et En-nahda ne dépassent pas les 3.000 sièges ensemble. Une autre question: Est-ce que l’électorat islamiste s’est reporté sur les partis nationalistes ou bien a-t-il boudé les urnes, faute de se reconnaître dans les candidats qui lui sont présentés? Même constat pour le FFS, le RCD, l’ANR et le PT dont les scores cumulés ne dépassent pas les 2.500 sièges. C’est dire que les élections du 29 novembre consacrent un glissement de l’opinion dans le sens du retour aux sources garantissant au moins la sécurité et la stabilité.   H. Senouci
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