Alger - A la une

Première en Afrique et huitième dans le monde



Première en Afrique et huitième dans le monde
L'environnement, de par la pollution, expose l'homme en permanence à des métaux lourds et toxiques, tels le mercure, le plomb, le nickel, le cobalt et bien d'autres.Mounira Amine-Seka - Alger (Le Soir) - Ces matières retrouvées dans plusieurs éléments de l'environnement, tels que l'air, l'eau et la terre, sont le plus souvent issues d'un minerai ou un autre métal, doté d'un éclat particulier, lequel est assurément un bon conducteur de chaleur et d'électricité, aux caractéristiques de dureté et de malléabilité, qui se combinent très aisément avec d'autres éléments, formant ainsi des alliages utilisables en industrie.Ces polluants dont les retombées sont lourdes sur la santé publique, engendrent les maladies neurologiques, cardiovasculaires et auto-immunes, mais les influences des métaux lourds, au titre de cofacteur, peuvent être établies pour de nombreuses pathologies. C'est pourquoi, il est recommandable de surveiller l'exposition de la population à des substances chimiques, à l'aide d'indicateurs biologiques, une opération appelée «biosurveillance».Dans cette perspective, le Centre national de toxicologie de l'Institut Pasteur procède à la première enquête du genre. Une première en Algérie et sur le continent africain ; et huitième à l'échelle internationale.La biosurveillance de l'exposition de la population algérienne aux polluants (BEAP), sous la direction du Pr Alamir Berkahoum, directrice du Centre national de toxicologie a tenu une conférence de presse, hier, à l'Institut Pasteur de Chéraga, déclarant que «cette enquête dont les résultats sont dans l'intérêt public, puisqu'ils formeront une base de données qui permettra au ministère de la tutelle à prendre des décisions quant aux prises en charge de l'état des lieux». Le professeur a également souligné que cette enquête se fait en collaboration avec l'Office national des statistiques et que «39 wilayas ont été choisies pour cette enquête, selon la densité de la population. Dans chaque wilaya, des districts (quartiers) ont été sélectionnés et pour chaque district, une équipe a été mise en place, se constituant d'un médecin superviseur, un médecin enquêteur et 2 à 3 médecins préleveurs».Cette opération se fait dans le but d'identifier les populations à risque, afin d'élaborer des stratégies de lutte et de prévention ciblées pour ces mêmes populations. Les premières données de biosurveillance, représentatives de la population algérienne, permettront d'estimer la prévalence chez l'adulte de 15 à 74 ans et chez l'enfant âgé entre 3 et 14 ans, ayant des niveaux supérieurs aux seuils recommandés des substances chimiques de l'environnement, en premier lieu, les métaux et métalloà'des, à travers des prélèvements de sang, d'urine et de cheveux. «Nous avons procédé à la sélection des familles qui se portent volontaires à cette expérience et le travail continue à se faire depuis un an et demi», a déclaré le Pr Alamir, «les enquêteurs préviennent les familles deux jours, avant le passage de l'équipe de préleveurs qui procèdent aux prélèvements dans deux foyers par week-end et par district. Afin d'acquérir le nombre déterminé par le protocole de l'enquête, nous procédons au tirage au sort de 10 ménages et mettons 5 autres en réserve, en cas de désistement de ceux ciblés».Selon la directrice de l'opération, en plus des prélèvements, le protocole comprend également un questionnaire de 57 questions auxquelles les bénévoles doivent répondre, s'agissant de leur régime alimentaire, l'environnement, etc. Ce qui aiguillera les résultats d'analyses.«Ces prélèvements doivent être ramenés le plus rapidement possible au centre de recherche de l'institut, s'agissant de bilans biologiques, mais également de glycémie», déclare le professeur qui annonce que le début de l'enquête sera entamé le 7 avril, Journée mondiale de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). «Cette enquête est réalisée selon le protocole des standards internationaux, que ce soit au niveau des analyses ou pour la sélection des familles échantillons. Nous avons acquis, depuis 36 mois, un appareil permettant de détecter plusieurs métaux et métalloà'des dans les différents échantillons à analyse», déclare-t-elle. En effet, le spectromètre de masse à plasma à couplage inductif (ICP-MS), (en anglais, Inductively Coupled Plasma Mass Spectrometry), est un type de spectrométrie de masse capable de détecter les métaux et plusieurs non-métaux à des concentrations très faibles.Ce projet de recherche déposé en 2014, au ministère de la Santé, puis la procédure de la mise en place de la logistique a pris effet, avant de démarrer la pré-enquête en mai 2016. «A l'heure actuelle, nous avons besoin de tous les supports médiatiques pour mener une campagne de sensibilisation à travers le territoire national, mais également d'être sponsorisé par les institutions de l'Etat, surtout que cela va permettre à différentes structures, y compris les différents services de sécurité de mener, plus tard, à partir de cette base de données, des enquêtes criminelles et autres, de manière plus précises.»Selon de nouvelles estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 12,6 millions de personnes sont décédées en 2012 du fait d'avoir vécu ou travaillé dans un environnement insalubre, ce qui représente un quart des décès dans le monde.La pollution de l'air, de l'eau et des sols, ainsi que l'exposition des populations aux substances chimiques ou encore le rayonnement ultraviolet, causent 100 maladies et traumatismes à l'homme.
Votre commentaire s'affichera sur cette page après validation par l'administrateur.
Ceci n'est en aucun cas un formulaire à l'adresse du sujet évoqué,
mais juste un espace d'opinion et d'échange d'idées dans le respect.
Nom & prénom
email : *
Ville *
Pays : *
Profession :
Message : *
(Les champs * sont obligatores)