Les prix des légumes connaissent déjà une flambée. Et les spéculateurs
sont déjà de la partie à l'approche du mois de Ramadhan. Le secrétaire général
de l'Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Alioui, revendique
au nom des agriculteurs «des marchés qui seront gérés directement par des
fellahs professionnels, des marchés conçus spécialement pour le mois sacré».
Pour le SG de l'UNPA, ce genre de marchés va certainement contribuer à la
régulation des prix notamment des produits de base, et faussera les calculs des
spéculateurs qui ont déjà commencé le stockage en prévision du Ramadhan, pour
avoir la mainmise sur le marché.
Pour notre interlocuteur, la
création de marchés spécial Ramadhan qui seront gérés par les producteurs de
légumes évitera la succession d'intermédiaires. Il faut savoir que le fellah
cède, à tire d'exemple, la pomme de terre à 12 DA au mandataire, qui fixe son
prix sur le marché. Le mandataire est sollicité par une tierce personne qui
rachète toute la production et fixe à son tour des prix le plus souvent
exorbitants. «La pomme de terre est cédée par le fellah à 12 DA pour être
vendue aux consommateurs à 45 et 50 DA le kilo». Alioui estime que l'ouverture
de marchés spécial Ramadhan, loin des mandataires et des commerçants qui sont
souvent derrière la flambée des prix, assurera plus de gain aux fellahs et
protégera les consommateurs de la folie de certains spéculateurs.
Prenant la défense des
agriculteurs, le secrétaire général s'est dit contre le fait que le mandataire et
le commerçant gagnent le triple de ce que gagne le fellah, alors que le travail
dur est accompli par ce dernier, et ce, durant toute une saison. Telle est la
deuxième revendication de l'Union nationale des paysans algériens après celle
de l'effacement des dettes des agriculteurs, déjà acquis. Pour ce dernier
point, pas plus tard qu'avant-hier, les représentants des agriculteurs, à
savoir l'UNPA, se sont réunis avec le premier responsable du ministère des
Finances, Karim Djoudi, pour finaliser la question de l'effacement des dettes
qui paralysent les agriculteurs. Le SG de l'UNPA a confirmé l'entrée en
vigueur, dès hier dimanche, de la décision du président de la République
portant l'effacement des dettes des agriculteurs qui s'élèvent à 41 milliards
de DA. «Une décision qui a été annoncée par le président Bouteflika le 28
février dernier», a-t-il précisé.
Mohamed Alioui souligne que
l'ensemble des dossiers qui ont été étudiés ont été acceptés. «Je souligne que
les fellahs concernés par l'effacement des dettes sont des agriculteurs
professionnels et qu'il n'y a pas parmi eux des commerçants ou des
mandataires». En matière de chiffres, le secrétaire général de l'union précise
que le nombre des agriculteurs concernés est de l'ordre de 175.000: 50.000 sont
endettés auprès de la Caisse nationale de la mutualité agricole (CNMA) et
125.000 autres sont redevables d'une dette de 22 milliards auprès de la Badr.
Mohamed Alioui a tenu à rappeler que les dettes accumulées des agriculteurs
sont celles en relation avec le terrorisme et la sécheresse. Le secrétaire
général de l'UNPA a enfin appelé tous les agriculteurs concernés à se diriger
vers leur banque pour obtenir une attestation portant effacement de leur dette.
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Posté par : sofiane
Ecrit par : M Aziza
Source : www.lequotidien-oran.com