Un récent rapport de la Banque d'Algérie souligne que l'expansion monétaire explique 63% de l'inflation recensée en 2011. L'« inflation importée » y a contribué, elle, pour 21% et les mouvements du taux de change effectif nominal pour 7%. Contrairement aux années précédentes, ce sont désormais les biens manufacturés qui participent davantage à la hausse des prix (44,4%) que les produits alimentaires.
Plusieurs facteurs fondamentaux se sont conjugués pour pousser à la hausse le niveau général des prix l'année dernière, estime la Banque d'Algérie dans rapport économique et monétaire pour 2011.
La forte croissance de la masse monétaire, la hausse des salaires dans un contexte de faible productivité, des marchés peu concurrentiels, voire oligopolistiques pour la revente de produits agricoles importés, l'élasticité élevée des importations pour la demande de biens de consommation industriels et la transmission de l'inflation en forte hausse des pays fournisseurs sont quelques-unes des raisons invoquées par les rédacteurs de ce document pour expliquer la hausse des prix en 2011.
Les études réalisées par la Banque centrale sur « les déterminants de l'inflation » confirment la forte contribution de l'expansion monétaire (63%) à l'inflation recensée en 2011.
Les mouvements du taux de change effectif nominal sont à l'origine de 7% de la hausse des prix alors que l'inflation importée, mesurée par la variation de l'indice des prix des produits à fort contenu d'import déflaté du taux de change effectif nominal, y participe, quant à elle, avec un taux de 21%.
9% de l'inflation totale sont dus à la hausse des prix à la production industrielle agroalimentaire selon le rapport de la Banque d'Algérie qui relève que la désinflation observée en 2010 s'est interrompue. L'inflation annuelle moyenne des prix de détail qui avait baissé en 2010 de 1,8 point à 3,9% dans le Grand-Alger, s'est de nouveau accélérée en 2011 pour atteindre 4,5%. L'indice national de l'inflation s'est établi quant à lui à 5,7% la même année.
Malgré leur tendance baissière, le niveau encore élevé des prix des produits agricoles importés a pesé sur l'évolution des prix de détail, explique la Banque d'Algérie, qui soutient que pour la seconde année consécutive, et contrairement à l'année 2009, l'inflation importée a fortement contribué à l'augmentation du niveau général des prix, et ce, en dépit des mesures de régulation prises par les pouvoirs publics, notamment l'exonération de la TVA.
Contrairement aux années précédentes, où la hausse des prix des produits alimentaires générait l'essentiel de l'inflation, ce sont les biens manufacturés qui contribuent désormais davantage à la progression de l'inflation à hauteur de 44,4%, selon la Banque centrale.
Par ailleurs, pour la seconde année consécutive, et malgré la tendance baissière des cours mondiaux des principaux produits agricoles importés - dont le niveau moyen demeure, néanmoins, élevé -, la hausse des prix des produits à fort contenu d'import est supérieure à l'inflation moyenne en 2011, estiment les rédacteurs du rapport.
Les prix s'affolent...
Les prix des biens alimentaires et ceux des biens manufacturés évoluent en sens inverse depuis trois années, relève le document de la Banque d'Algérie qui souligne qu'au moment où la hausse annuelle moyenne des prix décélère pour les premiers, elle s'amplifie pour les seconds.
Ainsi en 2011, et pour la première fois, l'inflation des prix des biens manufacturés, avec 5,5%, dépasse celle des biens alimentaires, estimée à 4,2%.
Il y a lieu de relever également que malgré la croissance de la production agricole végétale, notamment celle de la pomme de terre (17,2%), des légumes frais (10,1% pour le maraîchage) et des agrumes (40,9%), les prix à la consommation des produits agricoles frais ont fortement augmenté (4,6% en moyenne annuelle, contre 2,1% en 2010).
En outre, l'inflation, selon les huit groupes de produits composant l'indice des prix à la consommation, indique que la hausse des prix est inférieure à la hausse moyenne pour tous les groupes, sauf pour le groupe « Divers », dont l'augmentation des prix est estimée à 14,9%, soit plus de trois fois la hausse de l'indice général (4,5%).
Le différentiel d'inflation annuelle moyenne entre l'Algérie et la zone euro continue de régresser, indique la Banque d'Algérie, expliquant cette régression par une accélération plus faible de l'inflation dans notre pays que dans cette zone.
Le niveau moyen des prix reste, cependant, beaucoup plus élevé en Algérie, conclut le rapport.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Zoubir Merabet
Source : www.maghrebemergent.info