Le ministre algérien de l'Energie met en garde contre les lourdes conséquences de la baisse des cours mondiaux du brut sur l'économie algérienne et sur son secteur énergétique. L'OPEP doit vite procéder au rééquilibrage du marché, préconise-t-il. Le recul des revenus extérieurs de l'Algérie, a-t-il, toutefois, assuré, n'aura pas d'effet sur les projets d'investissement « prioritaires » : les usines de raffinage, la production et l'exploration de nouveaux gisements.
« Si les prix du baril baissaient encore de 20 dollars on perdrait quelque 14 milliards de dollars de recettes », a mis en garde ce matin, Yousef Yousfi, ministre algérien de l'Energie et des Mines. Le baril de pétrole a perdu 30 dollars depuis le début de l'année, a-t-il rappelé sur les ondes de la radio chaîne I.
Cette baisse des cours est due à un déséquilibre du marché mondial. « La demande a baissé à cause de la crise financière mondiale mais la production, notamment celle des pays membres de l'OPEP, a augmenté », a fait remarquer Youcef Yousfi. Selon lui, l'OPEP produit actuellement environs 32 millions de barils par jour alors que ses membres se sont entendus, lors de leur dernier sommet, sur un plafond de 30 millions de b/j. L'Algérie, a-t-il souligné, est en faveur d'une réunion extraordinaire du cartel pour examiner la question du rééquilibrage du marché.
Le ministre algérien de l'Energie a assuré, par ailleurs, que la baisse des cours de pétrole « n'aura pas d'effet » sur les projets d'investissement « prioritaires », à savoir les usines de raffinage, la production et l'exploration de nouveaux gisements.
Les découvertes de Sonatrach « insuffisantes »
L'Algérie dispose d'une capacité de raffinage de 21 millions de tonnes, qui s'ajoutent aux 5 millions de tonnes de condensat. Elle espère arriver à une capacité de raffinage de 30 millions de tonnes dans cinq ans. Youcef Yousfi a précisé, dans ce contexte, que sur les 5 nouvelles usines de raffinage prévues, 4 seront implantées dans la région des Hauts-Plateaux et la cinquième sur le littoral algérois.
Le ministre de l'Energie a indiqué que les 14 découvertes réalisées par Sonatrach depuis le début de l'année restent « insuffisantes ». La compagnie nationale des hydrocarbures n'a pas les moyens nécessaires pour explorer les 1,5 millions de kilomètres où il y a des probabilités des découvrir de nouveaux gisements. Le partenariat avec des compagnies internationales s'impose, notamment dans les projets du nord du pays nécessitant des technologies que Sonatrach ne « maîtrise pas ».
Youcef Yousfi a expliqué sur les ondes de la Radio publique que la hausse des prix des lubrifiants est due à la spéculation. « Nous avons donné des instructions à Naftal pour distribuer 100.000 tonnes de lubrifiants afin d'endiguer la pénurie mais ces quantités ont été reprises par les spéculateurs au niveau des stations-service », a-t-il révélé.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Lounes Ait Mohamed
Source : www.maghrebemergent.info