Ailleurs : L'Algérie représentée vendredi 01/08/08 par M. Mohamed Laksaci, gouverneur de la Banque d'Algérie, a exhorté le FMI, la BM et les pays occidentaux, à revoir les conditions à respecter, les «conditionnalités» liées à l'emprunt, compte tenu des crises alimentaire et énergétique que traverse le continent (**). En effet, le groupe des gouverneurs des banques centrales d'Afrique représentés au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale «Caucus africain» qui s'est clôturé ce samedi 03/08/08, à Nouakchott, a approuvé la «Déclaration de Nouakchott» comportant cinq mesures fondamentales pour soutenir les économies africaines et les aider à surmonter la crise alimentaire. Les gouverneurs ont demandé aux institutions financières d'introduire plus de flexibilité dans l'application des seuils requis, pour obtenir un prêt en tenant compte des besoins de financements de l'Afrique. Ils ont également appelé à prendre en compte les effets induits des projets d'infrastructures et leur impact sur la croissance et les recettes budgétaires.
Pour sa part, le gouverneur de la Banque centrale de Mauritanie, Ousmane Kane, a déclaré lors d'une conférence de presse tenue à l'issue de ce « Caucus africain » : cette réunion « a été marquée par l'adoption, à l'unanimité des 53 pays africains participants, de cinq mesures fondamentales, dont l'appel aux bailleurs de fonds de consentir des appuis ciblés au secteur agricole dans les pays africains, sous formes d'assistances techniques et financières visant à accroître la productivité agricole et la valeur ajoutée ». M. Ousmane a indiqué que ces recommandations et revendications seront soumises au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale à l'occasion de l'Assemblée annuelle de ces deux institutions.
Ailleurs : Dr Yaga Venugopal Reddy, le gouverneur de la Banque centrale indienne, s'est montré prudent sur les perspectives d'un ralentissement de la hausse des prix : cette hausse est passée de 4,76 % en mars 2007, à 7,75 % en mars 2008 pour finalement atteindre les 11,98 %, le 19 juillet. La hausse des prix menace les chances de victoire du gouvernement aux prochaines élections, prévues en mai 2009. La Banque centrale indienne a relevé son taux d'intérêt directeur à 9 % et augmenté celui des réserves obligatoires des banques.
Ici : Selon nos statisticiens (de l'ONS : Cf. http://www.ons.dz/them_sta.htm), l'indice des prix de consommation au niveau national à baissé de -2,2 % entre mai 2008 et juin 2008 (au niveau national alors que sur le Grand Alger, un peu moins fortement à : -2,1 %) ; même cette variation mensuelle touche surtout l'« alimentation » : -3,8 % (et -4,2 % pour le Grand Alger). Cependant, notre gouverneur avait déclaré dans son intervention devant le Conseil de la Nation, le 13 juillet 2008 : « l'augmentation de l'indice des prix à la consommation en moyenne annuelle est passée de 3,5 % en 2007 à 4,47 % à fin avril 2008. En glissement annuel, par contre, le taux d'inflation s'établit à 5,63 % en mars et 6,44 en avril 2008 ». Selon M. Laksaci, « Bien que le niveau de l'intermédiation bancaire s'améliore progressivement, les indicateurs y afférents restent en deçà de ceux atteints dans les pays méditerranéens voisins de l'Algérie. A fin 2007, les crédits à l'économie, y compris les créances non performantes rachetées par le Trésor par émission de titres, représentent 54,6 % du produit intérieur brut hors hydrocarbures (...Ils) ont augmenté de 4,1 % au premier trimestre 2008 contre 1 % au premier trimestre 2007 ».
Mais il ne manquera pas de préciser : « le refinancement auprès de la Banque d'Algérie est resté la source de liquidité la plus importante pour les banques et ce, jusqu'au début des années 2000 (...) Avec l'avènement de l'excès de liquidité depuis 2001, la Banque d'Algérie n'est plus une source d'offre de liquidités aux banques, puisqu'elle développe plutôt, depuis avril 2002, les instruments de résorption de l'excès de liquidité sur le marché monétaire ».
« Le trend haussier du niveau de la liquidité bancaire matérialise bien le caractère structurel de l'excès de liquidité sur le marché monétaire ; la liquidité bancaire s'étant accrue de 74,48 % en 2007 contre 56,68 % en 2006. L'encours de la liquidité bancaire est donc monté à 2.001,18 milliards de dinars à fin décembre 2007, après un passage de 732 milliards de dinars à fin décembre 2005 à 1.146,9 milliards de dinars à fin décembre 2006 » (http://www.bank-of-algeria.dz/communicat.htm).
En résumé : notre Banque centrale et M. Laksaci à sa tête font tout pour « amortir » les gaps inflationnistes. Mais il se peut que les ménagères ne voient pas cela dans leurs assiettes !
Ici aussi sur Internet : En consultant le site de notre Banque (centrale) d'Algérie, vous pourrez constater qu'à l'exception de la communication ci-dessus mentionnée, toutes les autres informations légales (relatives à l'activité de notre Banque : Rapport, Bilan, etc. ) ne sont pas disponibles pour l'année... 2007. Et donc encore moins : pour le 1er semestre 2008 ! Et que donc nous sommes obligés de croire notre Gouverneur... sur parole. Alors qu'en Inde... Ah ! El Hind ! En Inde : le Gouverneur fait des conférences de presse ! Comble des acquis démocratiques ?
Ici ou ailleurs : Selon nos banquiers centraux : le taux d'inflation de 3,5 %, en moyenne annuelle, pour 2007 est en phase avec l'objectif ultime de la politique monétaire, exprimé en terme de stabilité à moyen terme des prix autour d'un taux d'inflation de 3 %. Selon les Indiens : l'inflation en Inde a été aussi nourrie par l'accroissement de la masse monétaire, bien supérieur aux prévisions de la Banque centrale. En un an, celle-ci a gonflé de 20,5 %, à un rythme presque équivalent à celui de l'année précédente. Cette offre abondante de monnaie est essentiellement liée à une hausse des dépenses publiques et surtout des crédits bancaires. Au 4 juillet, les prêts avaient augmenté de 25,9 % sur un an, un rythme plus soutenu qu'en 2007. Ce sont surtout les crédits aux industries qui alimentent cette progression. Dans sa note de conjoncture, la Banque centrale précise que « la demande en investissements reste forte, passant de 16 % du PNB, sur l'année fiscale 2002-2003, à 36 % du PNB (produit national brut) aujourd'hui ».
(http://www.rbi.org.in/Scripts/NotificationUser.aspx). Ces détails, au jour le jour, semaine par semaine, mois par mois, nous autres Algériens ne pouvons y accéder : comme si la banque d'Algérie était un bien légué par les pères de nos Gouverneurs !
(*) Economiste
(**)Ce haut cadre de l'Etat algérien intervenait à l'ouverture de la réunion des gouverneurs des banques centrales d'Afrique représentés au FMI et à la Banque mondiale. Ce même vendredi 01/08/08, Christopher J. Neely et David E. Rapach publièrent un workpaper à la Banque centrale de St Louis aux USA sur : « Is Inflation an International Phenomenon ? » qui appelle à plus de modération » (Voir : http://research.stlouisfed.org/wp/2008/2008-025.pdf). En somme : ce ne sont pas TOUJOURS les autres qui sont responsables de nos maux !
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Posté par : sofiane
Ecrit par : Fouad HAKIKI *
Source : www.lequotidien-oran.com