L'Algérie célèbre aujourd'hui, au même titre que d'autres pays, la Journée internationale des droits de l'Homme qui coïncide avec le 10 décembre de chaque année. La célébration du 72e anniversaire de la Déclaration universelle des droits humains intervient cette année dans un contexte particulier, marqué par la crise sanitaire et la controverse née de la résolution du Parlement européen qui a soulevé un tollé dans le pays.Karim Aimeur - Alger (Le Soir) - Pour célébrer cette journée des droits de l'Homme, plusieurs activités sont au menu des organisations de défense des droits humains et des partis politiques.
Ainsi, le FFS organise, aujourd'hui, au sein de son siège national, à Alger, une conférence-débat sur la situation des droits de l'Homme en Algérie.
« Cette conférence sera animée par des défenseurs des droits de l'Homme, des avocats, des journalistes, des militants associatifs et des syndicalistes. Cette rencontre sera organisée dans le strict respect des mesures visant la lutte contre la propagation de la pandémie de Covid-19 », a annoncé le parti dans un communiqué. De son côté, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme (Laddh), aile Hocine Zehouane, a tenu, hier, à Béjaïa, son neuvième forum des droits humains sous le thème « reconstruire en mieux les droits de l'Homme ».
Situation sanitaire oblige, la participation « physique » à la rencontre est limitée aux intervenants et aux médias, alors que les militants et autres intéressés étaient conviés à suivre les travaux transmis en direct sur les réseaux sociaux. Les locaux ayant abrité le forum ont été préalablement désinfectés par une équipe du Croissant-Rouge algérien, selon les organisateurs.
Mais quelle est la situation des droits de l'Homme en Algérie '
Les organisations de défense des droits humains et les militants estiment qu'elle s'est dégradée notamment durant l'année en cours et les quelques derniers mois de l'année précédente avec la multiplication des attaques contre la liberté d'expression et des emprisonnements des activistes et militants. Cela au moment où les autorités officielles parlent d'une nouvelle Algérie où le citoyen et ses droits sont au c?ur des préoccupations.
Pour l'avocat Mostefa Bouchachi, qui intervenait, il y a quelques jours, lors d'une conférence de presse sur le cas du détenu Rachid Nekkaz, « la situation des droits de l'Homme et des libertés dans le pays n'est pas rassurante ».
À la veille de la célébration de cette année, la Ligue algérienne pour la défense des droits de l'Homme a dressé un constat sombre de la situation dans le pays, dans son rapport annuel 2020 dont nous avons reçu une copie.
Elle évoque « la dégradation de la situation des droits humains en Algérie » comme « en témoignent la série d'arrestations d'acteurs politiques du Hirak, de blogueurs, journalistes ou même de personnes qui commentent l'actualité nationale sur les réseaux sociaux, la fermeture de sites d'information, de blogs, ainsi que l'interdiction de toutes activités, politiques et associatives, depuis le mois de décembre 2019 ».
La Laddh a dénoncé, en citant une série d'exemples, plusieurs cas de violation des droits humains en 2020. Elle est revenue longuement sur la détention provisoire de près de 200 personnes impliquées dans le mouvement populaire.
Mais les autorités officielles ne l'entendent pas de cette oreille. Le président du Conseil national des droits de l'Homme (CNDH), Bouzid Lazhari, affirmait, récemment, qu'il n'y a pas de détenus d'opinion en Algérie. En réaction à la résolution du Parlement européen, Lazhari a souligné qu'elle n'est pas objective en ce sens qu'elle ne met pas en avant « l'aspect positif des droits et libertés en Algérie, comme la liberté d'expression, l'indépendance de la justice, les droits de la femme et de l'enfance, et les acquis consacrés par la nouvelle Constitution ».
K. A.
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Posté par : presse-algerie
Ecrit par : Karim Aimeur
Source : www.lesoirdalgerie.com