Alger - Revue de Presse

Pierre Joxe à la tête de l'Association France-Algérie



Doyenne des associations à l'Å“uvre autour de la thématique franco-algérienne, l'Association France-Algérie change de président. En poste depuis 2003, le chiraquien Bernard Stasi, ancien ministre et ancien médiateur de la République, vient de passer la main. Il a été remplacé par Pierre Joxe, élu récemment par le Conseil d'administration à l'issue d'un renouvellement qui a touché les organes de l'association. Fils de Louis Joxe, chef de la délégation française aux Négociations d'Evian, le nouveau patron est une figure connue du paysage politique hexagonal. Membre du Conseil constitutionnel depuis mars 2001, il s'est vu confier, sous Mitterrand, plusieurs portefeuilles ministériels dont ceux de l'Intérieur et de la Défense. Il a également dirigé la Cour des comptes et assumé des mandats électifs (député et conseiller régional). «Enfant de la guerre, élevé dans la haine du nazisme et du racisme», comme il se définit lui-même, Pierre Joxe fait partie de la génération d'hommes politiques français venus à la politique sur fond de débats polémiques autour de la guerre d'Algérie. Membre de l'UNEF «anticoloniale» à l'instar de Michel Rocard et d'autres acteurs de la Ve République, il s'est rangé, dès le début, dans le camp des opposants à la «politique coloniale d'une France aveuglée». A l'aube des années 1960, il est chargé de la coopération technique franco-algérienne au Quai d'Orsay. Plus tard, membre de la direction socialiste, il continuera à s'intéresser au sujet «Algérie». C'est du reste, à ce titre qu'il accompagnera, en 1976, François Mitterrand -alors premier secrétaire du PS- lors d'un voyage en Algérie. Le premier de l'ancien ministre de l'Intérieur et l'ancien garde des Sceaux depuis la fin de la guerre d'Algérie. Pierre Joxe est le septième président de l'Association France-Algérie. Depuis sa création en juin 1963, l'association a été dirigée, tour à tour, par Edmond Michelet, ancien garde des Sceaux gaulliste, Georges Gorce (ancien ministre), Germaine Tillion (ethnologue, signataire de l'Appel des «12» pour la condamnation de la torture pendant la guerre d'Algérie), Stéphane Hessel, ancien ambassadeur de France à Alger, et Jean Charbonnel (ancien ministre gaulliste). Entouré de membres du bureau dont l'ancien Premier ministre socialiste, Mme Edith Cresson et le secrétaire général, Raoul Weexteen, Pierre Joxe a défini, hier au Centre d'accueil de la presse étrangère (Paris), les perspectives de l'association. Attaché à l'esprit fondateur de l'association, il a résumé la vocation de sa structure en une formule. Il s'agit de «concourir au développement des relations amicales et au progrès de la coopération entre Français et Algériens». Passerelles entre jeunes et femmes, coopération entre collectivités locales et territoriales, débats économiques nourris par des Algériens et Franco-Algériens lauréats des grandes écoles françaises. Telles sont, parmi d'autres, les pistes privilégiées par l'association, «une vieille maison aujourd'hui rénovée».
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