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PÉTROLE



PÉTROLE
Les prévisions de l'Agence internationale de l'énergie sur l'offre et la demande et le volume des stocks américains rendus publics la semaine dernière ont fait bouger le marché du pétrole. Les consommateurs semblent mettre la pression sur l'Opep pour connaître ses intentions quant à la reconduction ou non de l'accord sur les quotas.Lyas Hallas - Alger (Le Soir) - Le baril du pétrole a plongé cette semaine à cause de nouvelles contradictoires sur les fondamentaux du marché. Vendredi à la clôture des échanges au New York Mercantile Exchange (Nymex), le prix du baril de «light sweet crude», référence américaine du brut, a cédé 79 cents à 48,49 dollars sur les contrats pour livraison en avril. Il a ainsi fini au plus bas depuis fin novembre au terme d'une chute hebdomadaire de plus de 9%. Le cours du baril de Brent de la mer du Nord sur la base duquel est fixé le prix du Sahara blend algérien a reculé de 82 cents à 51,37 dollars sur les contrats pour livraison en mai à l'Intercontinental Exchange (ICE) à Londres, perdant près de 8% sur la semaine.En effet, c'est la semaine la plus catastrophique depuis novembre, date d'élargissement de l'accord d'Alger entre pays membres de l'Opep sur la réduction de l'offre sur le marché aux pays producteurs non membres du cartel. Un accord qui a permis au prix du pétrole de se stabiliser au-dessus des 50 dollars et frèlant par moments la barre des 60 dollars. Même les rumeurs sur le non-respect par les pays signataires de l'accord de leurs quotas, tout de suite démenties par les instances de monitoring, n'ont pas affolé les investisseurs. Or, on a assisté cette semaine à la publication de deux informations contradictoires sur les fondamentaux du marché qui l'ont fait bouger plutôt à la baisse.A savoir, le rapport de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), bras des pays consommateurs (OCDE) pour l'énergie, portant prévisions de l'offre et de la demande pour les cinq prochaines années, et le volume des stocks américains.Ainsi, le rapport de l'AIE a alerté sur un probable choc pétrolier en 2022 à cause du désinvestissement qu'a connu le secteur des hydrocarbures dans le sillage de la dégringolade des prix du pétrole depuis juin 2014. L'AIE estime que la demande passera de 98 millions de barils/jour en 2017 à 103,8 millions de barils/jour en 2022 alors que l'offre, de 94,2 millions de barils/jour en 2017 à 98,7 millions barils/jour en 2022. Un décalage entre l'évolution de la demande qui va crescendo et l'offre ne couvrant pas les besoins en 2022 qui pourrait, selon le rapport, provoquer une flambée des prix. Même un dollar fort et des prix au-dessus des 50 dollars n'ont pas amené les producteurs de schiste à porter le nombre des plateformes en activité à leur niveau d'avant la chute des prix.Par ailleurs, ce rapport, qui devrait rassurer les producteurs sur les perspectives du marché ainsi que leurs parts de marché dans les pays consommateurs, s'est heurté à l'information sur le volume des stocks américains, affichant un record jamais égalé : les réserves commerciales de brut ont augmenté de 8,2 millions de barils pour atteindre 5 28,4 millions de barils. Entre des stocks en hausse et des prévisions projetant un cataclysme, les investisseurs spéculatifs ont changé de position, pariant désormais sur une baisse des cours à court terme. Puisque un tel niveau de réserves américaines amortit l'effet de la réduction de l'offre par l'Opep, laquelle entretient le mystère sur ses intentions quant à la reconduction ou non de l'accord d'Alger qui court jusqu'au mois de juin prochain. En fait, les investisseurs se trouvent déboussolés. L'alerte lancée par l'AIE paraît très pessimiste, contredisant les calculs des pays producteurs, notamment les membres de l'Opep qui ont décidé des coupes dans leur production à cause de l'abondance de l'offre sur le marché. Habituée à ce genre d'alertes controversées, l'AIE a de fait relancé les spéculations qui devront se poursuivre pour quelques semaines. Et, les pays producteurs sont plus que jamais appelés à respecter leurs engagements pour maintenir l'équilibre du marché.
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